De nouveaux locaux pour les Beaux-Arts de Rouen ?

L’école des Beaux-Arts de Rouen pourraient être délocalisée à la Grand’Mare. Un projet qui ne plait pas aux étudiants ni aux professeurs bien installés dans les locaux actuels à l’Aître Saint-Maclou.

Dans la cour de l’Aître Saint-Maclou, cette fin de matinée du 31 janvier 2013, pas un chat. Pas un étudiant, ni un professeur de l‘Ecole Supérieur d’Art et de Design Le Havre-Rouen (Esadhar) Des postes diffusent depuis les fenêtres l’une du jazz, l’autre les grésillements d’un entre deux stations FM. Des banderoles « Aître ou ne plus Aître » ou « Non à l’expulsion » sont accrochées tout autour de l’ancien ossuaire.

ESAdhar2Les étudiants sont tous amassés dans une salle à verrière et mezzanine à l’étage de l’école. Ils sont là pour rencontrer Yvon Robert, le maire de Rouen. Ce jour là, il a revêtu sa casquette de vice-président de l’Esadhar. Ce dernier a pour projet de délocaliser l’école dans le quartier Grand’Mare, en raison de la vétusté actuelle des locaux de l’Aître Saint-Maclou. « Cette question se pose chaque année depuis vingt ans », affirme-t-il. Des conditions d’accueil qui, selon cet ancien enseignant deviennent nuisibles au développement d’un projet pédagogique attractif. Un pôle éducatif de l’art, en partenariat avec le pôle havrais depuis 18 mois. Edouard Philippe, maire du Havre, en est d’ailleurs le président.

En 2008, un cabinet d’étude est chargé de trouver un nouvel emplacement pour le pôle rouennais qui compte le l’Aître Saint-Maclou, une extension accolée et une annexe rue Victor Hugo. Il s’agit de trouver un site d’une surface de 5000 mètres carrés « et pas dix étages dans un bâtiment de 500 mètres carrés », plaisante Yvon Robert. Le cabinet aurait considéré la possibilité de réimplanter l’école au Cloître des Pénitents. Une solution très vite écartée, question d’espace.

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Pendant ce temps-là, à la Grand’Mare, le département décide de fusionner les collèges Georges Braque et Jean Giraudoux et se regrouper au sein du premier.  Cette opération devrait avoir lieu pour la rentrée 2013. Le cabinet d’étude, cité plus haut, a donc étudié la possibilité d’implanter l’Esadhar au sein du collège Jean Giraudoux, d’une surface de 5000 mètres carrés et avec une « grande hauteur sous plafond ». Une solution viable, moyennant 300 000 euros de travaux, estime le cabinet.

Pour Yvon Robert et Edouard Philippe, l’objectif est de « créer une école attractive sur le plan pédagogique pour les gens de la région et même de l’extérieur. » L’idée est aussi de développer l’activité du quartier de la Grand’Mare où la Chambre des métiers et l’équipe de hockey de la ville ont déjà installé leur centre de formation. Un emplacement « relié par le Teor au coeur de la ville qu’on atteint en quinze minutes », argumente Yvon Robert.

La décision n’est pas encore prise et l’on ne sait pas quand elle le sera, ni ce qu’il adviendra de l’Aître Saint-Maclou. Rien de sûr donc. Ce que l’on sait c’est qu’il est « impossible de rester à l’Aître« , assène Yvon Robert, « qu’il faut rénover l’endroit et mettre en avant le pôle pédagogique Rouen -Le Havre ». ESADHAR6

Reste que les étudiants et le corps professoral de l’école ne sont pas d’accord. Ils ne quitteront pas les lieux. Et ils ne se gênent pas pour le faire savoir lors de cette assemblée jeudi 31 janvier 2013. En effet, pour Thierry Heynen, directeur général de l’école, « beaucoup de questions liées à la vie étudiante se posent« , sans compter qu’il faudra que les 170 étudiants se « réapproprient le territoire ». Une chose qu’ils ne sont pas prêts à faire.

« Qu’allez-vous faire de l’Aître Saint-Maclou ? On veut savoir, tout de suite! », crie-t-on à l’attention d’Yvon Robert, qui peine à se faire entendre. « Je ne sais pas », répond-t-il. Une réponse qui déclenche des « Bouh » et des hurlements. S’appuyant sur son expérience de professeur, il tente de convaincre les étudiants : »Une école, ce n’est pas simplement des locaux« . Un étudiant rétorque : « Certains d’entre nous ont un travail en centre-ville. Comment vont-ils faire? Et comment allons-nous communiquer notre travail jusqu’au coeur de la ville ? Dans les bus de la Tcar, on n’a pas le droit de rentrer nos chassis et nos tréteaux ». A cette intervention, les applaudissements montent, forts. On tape même des pieds.

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Yvon Robert considère qu’il est « important que vous nous expliquiez les problèmes, mais pas comme ça, pas dans ce genre d’assemblée. » Les arguments fusent, les cris aussi. « Quand il s’agit d’investir pour inviter Iggy Pop pour l’Armada, on peut. Si vous aviez voulu, vous auriez pu investir pour rénover l’Aître Saint-Maclou« , affirme une jeune étudiante au micro. Le vice-président de l’école préfère ne pas répondre à certaines questions, avouant qu’il n’en connait pas les réponses : « Je ne peux pas répondre à cette question aujourd’hui ». Une chose est sûr, les étudiants n’ont pas l’intention de bouger.

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