Dans l'oeil de Môsieur J

Avec une exposition de photographies parfois quasi abstraites, la première qu’il donne à titre individuel, Môsieur J se révèle à Rouen, au Café Perdu.

Tu exposes ton travail photographique pour la première fois, nous semble-t-il. Comment présenterais-tu la chose pour donner envie aux gens d’aller y jeter un oeil ?
Ce n’est pas la première fois (une expo collective en 2010 et 2 tirages présentés avec d’autres Rouennais à l’invitation de l’excellent « Collectif d’en Face » en fin d’année dernière). Pour présenter la chose je dirais que j’ai l’occasion de montrer sans prétention quelques images représentatives de mon travail photographique, qui comprend une partie urbaine qui me tient à coeur et un autre versant plus lié au côté sensoriel, émotionnel de l’utilisation de la photo …
Quiconque est curieux et intéressé par la représentation photographique devrait venir jeter un coup d’oeil et donner son ressenti, c’est toujours un vrai plaisir d’avoir un retour critique sur ses propres images, c’est ce qui émule et fais avancer

Tu exposes dans un café, Le Café perdu. Comment s’est fait le choix du lieu ? Pourquoi un café plutôt qu’une galerie ?
Ce sont Marie-Laure et Emmanuel, qui s’occupent de faire vivre ce lieu, qui m’ont proposé dès le départ de leur projet en avril dernier, d’y accrocher quelques tirages un jour. On a pris rendez-vous et voilà, c’est mon tour. Après Emmanuel Kerner, formidable illustrateur rouennais, et avant Françoiz Breut, chanteuse et illustratrice que j’adore. Ils fonctionnent au coup de coeur et leurs choix de mettre en avant aussi des « amateurs »  faisait partie de leur idée.
Dans un café, on y vient aussi pour s’y réfugier, boire un coup;  j’aime bien l’idée de pouvoir tomber « par hasard » sur des images accrochées au-dessus de son café ou de sa pression, ou de les apercevoir de la rue. Beaucoup de gens n’entrent pas dans les galeries, parfois des lieux trop impressionnants

Tu revendiques ce statut d’amateur… Qu’est-ce qui te distinguerait d’un professionnel ? Cette modestie est assez étonnante de nos jours.
Je suis avant tout amateur des belles choses ! C’est vrai que je trouve beaucoup de qualité au mot « amateur », quelqu’un qui créé uniquement par plaisir, donc débarrassé des contraintes et libre d’obligations (nota à ce propos ). Un bon exemple du « pouvoir » de l’amateur est d’aller observer la richesse de certaines photos sur Flickr ou les contributeurs de Wikipédia !
Il est beaucoup plus important d’avoir un petit appareil photo a 10 euros toujours dans la poche que 10000 euros de matos qu’on ne sort jamais.
La photo s’est énormément démocratisée ces dernières années, tant mieux ! Les bons « pros » de toute façon seront toujours admirés à leur juste valeur.

Tes photos sont-elles à vendre ? Oui, non, pourquoi ? Est-ce que quelque part, ce n’est pas l’acte commercial qui distingue l’amateur du professionnel, aussi ?
Je suis ravi de voir mes photos voyager sur d’autres murs, comme j’aime moi-même me constituer une petite collection d’œuvres d’artistes qui m’émeuvent ou me parlent … Dans l’idéal, quand l’occasion se présente, j’apprécie beaucoup le principe de des « échanges » d’œuvres avec d’autres photographes, plasticiens ou illustrateurs. Ce qui permet effectivement de s’affranchir du coté « valeur marchande » qui n’est parfois malheureusement qu’un frein au bonheur d’avoir sous les yeux de belles créations …
Mais oui, la majorité des tirages sont à vendre aussi (à des prix plus que raisonnables), afin de permettre de réaliser … de nouveaux tirages pour, peut-être, d’autre projets futurs…

Toutes les informations sur l’exposition, à voir jusqu’au 25 octobre et un peu plus.

NB : Môsieur J collabore parfois à Grand-Rouen. Mais ce n’est pas la raison qui nous pousse à mettre son travail en avant. Allez voir l’exposition, vous nous direz ensuite si l’on a bien fait d’y consacrer un article.

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Une réflexion au sujet de « Dans l'oeil de Môsieur J »

  1. Combien de fois n’ai-je pas lu cet éternel gentil discours de gentil amateur présentant ses gentilles photos? Des tas de fois. Un argumentaire entre deux eaux où rien n’est vraiment affirmé, ou rien n’est vraiment saillant malgré les apparences et où flotte une espèce de: « excusez-moi d’avoir créé ce qu’éventuellement vous pourrez voir par hasard en passant ».

    Un amateur n’est pas spécialement qq un qui « créé pour le plaisir ». La création pour le plaisir est une sorte de niaiserie qui mérite tout au plus d’être partagée à l’apéro maison ou en famille le dimanche. Un des sens premier d’amateur est l’amour de quelqu’un et bien souvent l’amateur s’aime d’abord lui-même et se mire avec complaisance dans son petit miroir tissé d’auto-suffisance. Qu’en est-il de l’affirmation de sa pratique, de ses choix, de son regard, de ses préoccupations, déterminations et revendications? Qu’en est-il du parcours, des heures fiévreuses, des buts? Pas grand chose en réalité si l’on s’en tient à ce fade interview.

    Il aurait certainement mieux valu que Monsieur J. soit interrogé par qq d’autre qu’une proche connaissance, ce qui aurait évité le déroulement d’une connivence ennuyeuse. Et par pitié, virez-moi ces smileys ridicules! On parle d’Art et d’artistes (même si amateurs), on est en âge de détecter sans additif visuel pré-pubère ce qui relève de l’ironie, du second degré, de la dérision ou auto-dérision.

    Somme toute, cordialement à Monsieur J.

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