Qu’est-ce qui peut bien passer par la tête d’un pharmacien à presque cinquante ans, installé dans la vie, notabilisé, propriétaire de la moitié d’un ryad au Maroc, lorsqu’il décide un beau matin de se lancer en politique ? La question mérite de se poser car la plupart finiraient de préparer leur retraite dorée loin des banlieues normandes. Pas Cyrille Grenot.
Peut-être ses clients s’attendaient à le voir partir à gauche. Mais il a choisi l’étiquette Nouveau Centre. Pas l’écurie la plus sûre pour faire bouger les choses. Pas celle, en tout cas, qui aura le plus d’élus. Pharmacien depuis 22 ans à la Grand’Mare, il dit avoir été sollicité par les socialistes, et par le Modem Pierre Albertini. C’était il y a longtemps. Il aurait décliné.
Plutôt du genre militant associatif que politique, en fait. Depuis la fac, et la vice-présidence de la corpo. Et puis sur les hauts de Rouen aussi. A aider les uns et les autres. Son premier souvenir politique c’est l’élection de Valery Giscard D’Estaing, en 1974 ; le petit Cyrille a alors 12 ans. Son premier bulletin ? Chirac, en 1981. De droite depuis toujours, donc, quoi qu’on en dise. Mais plus pragmatique qu’idéologue. A cause de sa formation scientifique, explique-t-il : “lors d’une expérience, on avance avec méthode, pas en fonction d’objectifs fixés à l’avance, mais en fonction de ce qu’on observe.”
Candidat à la candidature pour les élections législatives de juin 2012, il fait comme si il était déjà dans la course. Comme si c’était pour lui que, demain, les électeurs de la première circonscription de Seine-Maritime étaient appelés à voter. Bien sûr, il est connu sur les hauts-de-Rouen. Il s’y est présenté aux dernières cantonales. Mais ailleurs, personne n’a jamais entendu parler de lui. Et sa désignation n’est pas tout à fait gagnée. Il l’espère officialisée en février. Trop tard pour commencer une campagne efficace.
Evidemment, il ne se fait guère d’illusion. Peu de chances d’être élu en face de Valérie Fourneyron, en étant coincé par l’UMP à sa droite. Aucune chance d’être le candidat d’un vrai rassemblement : le nombre de voix remportées par les partis politiques aux législatives détermine le montant qu’il perçoivent ensuite de l’Etat. Du coup, tout le monde se présente, même les plus petits partis.
Reste l’ambition de reconstruire le centre à Rouen. Modem, radicaux, gauche moderne, nouveau centre : l’éparpillement serait contre-productif. Dans la ville du centriste Jean Lecanuet, on pourrait imaginer mieux. Mais tout reste à faire, depuis le Roi Jean : “on n’a pas réussi à trouver quelqu’un qui fasse suffisamment pour Rouen pour être reconduit dans ses fonctions.”
Si il avait été élevé dans un parti politique, Cyrille Grenot n’aurait sans doute pas cette liberté de ton. Quand il n’est pas d’accord, il le dit. Et peu importe qu’il s’agisse de décisions qui viennent de ses soutiens potentiels. Pierre Albertini ? “Il est conscient que sa vie politique est derrière lui et que maintenant, c’est place aux jeunes”. La plume du candidat Bayrou appréciera, même si Cyrille Grenot tempère : “On est très nombreux au Centre à le consulter régulièrement.”
Concernant les trente minutes passées par le centriste Nicolas Zuili à parler de l’huile de palme et de Ferrero lors du dernier Conseil municipal de 2011 à Rouen : “La question de l’huile de palme est légitime. Mais ce n’est pas le lieu. Ca m’exaspère qu’on fasse des litanies en Conseil municipal où des gens se font plaisir à parler alors qu’il y a de vraies problématiques. Je préfère l’efficacité. Le projet du Palais des sports a été mal géré si l’argent public n’y suffit pas. C’est peut-être par là qu’il fallait commencer à regarder les choses.”
Le mot est lâché : l’efficacité, l’action. Cyrille Grenot veut faire des choses, trouver des solutions aux problèmes ; il ne comprend pas que d’autres se satisfassent d’une politique du discours. “J’ai la capacité à trouver du temps pour le faire, j’ai envie de le faire. Lorsque j’ai commencé à en parler à des amis, ils m’ont demandé ce que j’allais faire dans ce monde de requins. Mais, la mer, c’est dangereux, et ce n’est pas pour ça qu’on ne se baigne pas. On n’arrête pas de râler. C’est bien joli. Mais à un moment, cela ne suffit pas. Il faut se lancer.”
Demain candidat aux législatives. Après-demain sur une liste aux élections municipales. Il y réfléchit au sein du collectif Rouen Ensemble. Juste après, peut-être, à la tête de Rouen Habitat. “Quel que soit l’échelon, ça vaut le coup. Si il n’y a qu’une idée, qu’une action qui passe, je n’aurais pas perdu mon temps”, explique-t-il. Ses valeurs ? La défense de la République, l’Europe, et une société équilibrée. Son ambition ? Une sixième république, parlementaire. Et surtout, une autre façon de faire de la politique, loin des ambitions personnelles et des luttes d’appareils. Loin des professionnels de la politique.
Lire : le blog de Cyrille Grenot


Dans la vie faut bien se lancer… pour les requins il y en a partout… peur de perdre leurs petits avantages ou leur auréole du pouvoir.
Il aura sans doute plus de chance à faire un bon résultat que son Mentor (Le grand Hervé)… et fêter ça au Ryad
Je savourerai un thé à la menthe à Fès en avril avec des amis démocrates en avril… pendant que la campagne prendra forme sur Rouen.
Bon courage et Bonne campagne pour les élections législatives de juin 2012
En voilà un vernis qui se trouve débarrassé d’un commentaire mordant du Major posté avant la refonte du site!