La cathédrale de Rouen n’est pas en très grande forme. Un monument historique dans cet état, ça n’est pas très reluisant : on ignore encore quand elle retrouvera son quatrième clocheton. Raison de plus pour prendre la conférence de presse organisée le 22 juillet 2008 par la Direction Régionale des affaires culturelles comme une bonne nouvelle : la tour de beurre, elle, est au mieux de sa forme.

La tour de Beurre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen vient en effet d’être totalement restaurée.
Ce chantier, lancé en 1996 pour remédier aux altérations et désordres des parements extérieurs, a permis la restauration de la sculpture (gargouilles, pinacles à crochets, balustrades) caractéristique de l’architecture gothique flamboyante.
Différentes techniques furent utilisées : lavage par nébulisation et brossage pour les éléments d’architecture simple, consolidation puis nettoyage par micro sablage ou laser pour le traitement des décors. Les joints des maçonneries ont été complètement refaits.
Le traitement de la statuaire a permis la constitution d’un conservatoire des moulages à visée scientifique, installé dans une salle voûtée au premier étage. Les sculptures ont été moulées in situ.
Ces travaux d’un montant global de 9 518 700 euros, furent réalisés à partir des parties hautes de la tour couronnée et d’Ouest vers le Nord. Ils ont été exécutés sous la maîtrise d’oeuvre de Michel Jantzen puis de Pierre-André Lablaude, architectes en chef des monuments historiques, et sous la maîtrise d’ouvrage de l’État (DRAC Haute-Normandie, conservation régionale des monuments historiques), propriétaire du monument.
Tout cela est expliqué avec force détails dans un dossier de presse accessible en ligne.
Ah non ça va pas encore recommencé de balancer l’argent par les fenêtres !
Ils ont zigouillé la constitution là-haut au Parlement… Qu’ils organisent des quêtes pour les touristes à l’entrée de chaque édifice des monuments historiques. A commencer par les cathédrales.
Fini de banquer pour des pierres qui croient et qui n’abritent même pas les “brebis égarées” !
Ras le bol malpaso de ta contestation et opposition permanente à tout qui ne mène à rien et qui ne propose rien.
La critique constuctive et raisonnée, c’est pas mal non plus, tu sais et ça peut faire avancer les idées et les hommes.
Bonne journée à toi!
Tu as mal lu, Julien: malpaso propose, au contraire!
En dehors des travaux “facultatifs” d’entretien du patrimoine historique, liés à l’intérêt ou à l’attachement qu’on peut avoir pour l’art et l’histoire humaine, il y a tout de même des travaux inévitables, liés tout simplement à la sécurité des personnes.
La chute du clocheton (cause proche : la tempête de 1999) aurait pu faire des morts : il a en effet percé le toit dans sa chute. Les 3 autres sont fragilisés, donc à restaurer.
Les quêtes auprès des touristes ? Amusant ! (vu notamment les sommes en jeu)
Alors on rase la cathédrale et tous ces monuments historiques si coûteux ? Mais çà coûtera très très cher aussi (financièrement et peut-être…psychologiquement)
Les trésors du Vatican pourraient peut-être être mis à contribution après tout.
L’usage de fonds publics pour des bâtiments religieux pose tout de même un problème. J’imagine la réaction de quelques intégristes catholiques s’il s’agissait de financer une mosquée !
La cathédrale de Rouen appartient à l’Etat français. Les biens religieux sont propriété de l’État ou des communes depuis 1789 : ce sont les révolutionnaires qui ont voulu nationaliser les biens du clergé. L’Eglise catholique, à l’époque, avait protesté contre cette “spoliation” : elle l’a subie, pas souhaité.
Par ailleurs la cathédrale n’est pas qu’un bâtiment religieux, loin de là ! Ex Monet : c’est parce qu’il la trouvait belle, intéressante qu’il l’a peinte de nombreuses fois (Monet = athée déclarée). Cf aussi le spectacle Monet aux pixels, regardé par un grand nombre de gens très divers.
Les nombreux touristes qui visitent la cathédrale ne sont que très minoritairement des catholiques. De même visiter des châteaux ne signifie pas qu’on est monarchiste !
La question posée de façon provocatrice et rigolotte par Malpaso me paraît tout de même très importante (mais elle se pose depuis longtemps, et tracasse les politiques comme bien des citoyens) : jusqu’où consacrer de l’argent public au patrimoine, alors que les urgences, en particulier sociales, sont nombreuses. Comme toujours, c’est une question d’arbitrages, difficiles. On ne peut être dans le tout ou rien. Il y a la voie des “fondations”, insuffisamment explorée en France je crois.
Conclusion :
Exercice du droit de réquisition des lieux par les “brebis égarées”