Du beau monde, ce 13 novembre 1909, pour entourer François Depeaux, riche industriel rouennais en anthracite, qui possède aussi une mine en Angleterre, et a inventé un système de concassage. La fête ne se déroule pourtant pas dans ses bureaux du Mont Riboudet, près du port alors grand exportateur de charbon, mais…au musée des Beaux-Arts. On inaugure ce jour-là une salle où sont exposés les nombreux tableaux que l’entrepreneur vient d’offrir à la Ville.
Depeaux aime Rouen. Il y a multiplié les initiatives sociales (créant des bains-douches populaires), portuaires (aménageant un port de plaisance) ou patrimoniales (c’est un des sauveurs de la «Vieille Maison», rue Saint-Romain). Depeaux aime aussi passionnément, et bien avant tout le monde, les peintres impressionnistes.
Ces derniers ont exposé pour la première fois à Paris en 1874, chez le photographe Nadar. Monet présente notamment à cette occasion son désormais célébrissime « Impression, soleil levant », qui évoque le port du Havre à l’aurore. Les critiques d’art ricanent pour la plupart ; l’un d’eux parlera même de "papier peint à l’état embryonnaire". Le public de son côté vient voir, mais surtout pour s’amuser. Toutefois le petit groupe (Monet, Boudin, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Morisot) a déjà ses admirateurs et ses mécènes. L’un d’eux est justement Depeaux, ce qui constitue une aide précieuse en particulier pour Sisley, un des plus désargentés.
L’industriel, de son côté, avouera que ces artistes lui ont appris à mieux voir la nature. Les impressionnistes se veulent en effet avant tout paysagistes. En appliquant des couleurs claires par petites touches, ils réussissent à adoucir les contours des berges, des murs, des arbres, des bateaux, donc à les fondre avec leur entourage, ainsi qu’à ressusciter les innombrables vibrations de la lumière.
Dans la collection Depeaux, figurent aussi quelques artistes rouennais qui participent aux recherches esthétiques de cette « Ecole de plein air » : Lebourg, Fréchon, Pinchon… Grâce à l’industriel en charbon, le Musée de Rouen sera le premier en province à ouvrir grandes ses portes à l’Impressionnisme.Vous pouvez ainsi y admirer de Monet "Portail de la cathédrale de Rouen par temps gris", peinture qui baigne en fait dans un magnifique bleu pâle onirique, ainsi que « Rue Saint Denis, fête du 30 juin 1878 », où chantent d’innombrables drapeaux tricolores. Renoir, lui, nous offre un bouquet de chrysanthèmes aussi joyeux qu’un feu d’artifice. Sisley est inspiré par « L’inondation à Port-Marly », où ciel et eau en viennent à se confondre. Pinchon saisit en pleine vitesse un train à vapeur traversant le « Pont aux Anglais » à Rouen, et l’on entend presque son sifflement.
Le préféré de Miss Ska, c’est « L’église de Moret, temps de gelée », par Sisley, avec son éclatant et inoubliable soleil d’hiver. Et le vôtre ? ?
Madame,Monsieur,
Je me permets de vous signaler avoir consacré un mémoire de maîtrise sur François Depeaux que j’ai soutenu en septembre 2005 à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne.
Distinguées salutations.
Madame, Monsieur,
Pour information, je vous signale avoir soutenu en septembre 2005 à l’Université de Paris I un mémoire de maîtrise sur François Depeaux.
Salutations distinguées.
Madame, Monsieur,
Vous pouvez trouver sur le site de l’INHA les références de mon mémoire de maîtrise consacré à François Depeaux.
Salutations.