// vous lisez...

Histoire

Simone de Beauvoir, le centenaire

Sauf erreur de notre part, le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir ne donne pas lieu à une commémoration d’ampleur à Rouen. Pourtant, de 1932 à 1936, Simone de Beauvoir était professeur à Rouen. Et l’auteur du Deuxième Sexe aurait bien eu 100 ans le 9 janvier 2007.

Mais peut-être le séjour de Simone de Beauvoir à Rouen fut-il trop sulfureux pour donner lieu à des cérémonies officielles. Elle se liera en effet avec une de ses élèves, Olga Kosakievicz, qui deviendra également la maîtresse de Sartre. Expérience largement connue par l’autobiographie de Beauvoir et sa transposition romanesque dans L’ Invitée. Dans ses Carnets de la drôle de guerre, Sartre évoque lui-aussi l’origine du trio.
Elle devient très proche d’une autre élève, Bianca Bienenfeld avec qui elle entretient des relations approfondies. Le « pacte » la liant à Sartre lui permet de connaître des « amours contingentes ». Elle se lie également avec un élève de Sartre, « le petit Bost », futur mari d’Olga, qui devient entre-temps la maîtresse de Sartre.

Bianca, devenue Mme Lamblin, est l’auteure de Mémoires d’une jeune fille dérangée, (Balland, Paris, 1993). Elle y évoque, avec le recul, cette période rouennaise :

“Je me rends compte à présent que j’ai été victime des impulsions donjuanesques de Sartre et de la protection ambivalente et louche que leur accordait le Castor (surnom de Simone de Beauvoir, ndlr). J’étais entrée dans un monde de relations complexes qui entraînaient des imbroglios lamentables, des calculs minables, de constants mensonges entre lesquels ils veillaient attentivement à ne pas s’embrouiller.
J’ai découvert que Simone de Beauvoir puisait dans ses classes de jeunes filles une chair fraîche à laquelle elle goûtait avant de la refiler, ou faut-il dire plus grossièrement encore, de la rabattre sur Sartre.
Tel est, en tout cas, le schéma selon lequel on peut comprendre aussi bien l’histoire d’Olga Kosakievicz que la mienne. Leur perversité était soigneusement cachée sous les dehors bonasses de Sartre et les apparences de sérieux et d’austérité du Castor. En fait, ils rejouaient avec vulgarité le modèle littéraire des Liaisons dangereuses.”

A Rouen, Simone de Beauvoir habita rue des Petits moutons

Discussion

22 commentaires pour “Simone de Beauvoir, le centenaire”

  1. Ô tempora^¨o Mores

    In vini véritas

    Posté par frederic Quillet | janvier 9, 2008, 4:35
  2. Euh, monsieur Quillet, je crois que vous avez remixé “in vinO veritas” et “vedi vini vici”
    La seule femme que notre municipalité daigne célébrer c’est Jeannne D’Arc. Pourquoi s’étonner de l’absence d’initiatives?
    Si elle avait fait le ménage et la vaisselle, peut-être que Beauvoir serait plus respectée. ;)

    Posté par Jean le Pitre | janvier 9, 2008, 7:01
  3. C’est vrai, mais il voit tout ce mister “le pitre”. On ne peut plus passer inaperçu…. Que Diantre ! Il me voit au clos st marc, il remarque mes fautes…..Serais-je suivi ? Méfiance !

    Posté par frederic Quillet | janvier 9, 2008, 8:54
  4. C’est dingue sur ce blog comme tout est sujet à polémique ! Et quand c’est contre la municipalité, c’est encore mieux ! Epuisant…

    Posté par sebi | janvier 9, 2008, 9:25
  5. Normal c’est que des nazes qui trainent un boulet :-)

    Posté par arnaud | janvier 9, 2008, 9:38
  6. Pas la moindre placette, la moindre venelle avec son nom. Et si on continue avec les grands absents, que dire de l’écrivain Mongo Beti, enseignant au lycée Corneille de 1966 jusqu’en 1994, qui a publié notamment “Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation” et censuré à l’époque. Refourguer des têtes soi-disant au nom de la décolonisation et de l’éthique tout ça pour se faire mousser on sait faire. Mais rendre hommage à une femme qui a tout fait pour changer le regard des gens sur les femmes ou rendre hommage à quelq’un qui s’est engagé toute sa vie contre le colonialisme, ses résurgences et sa persitance au sein de l’Etat français, non ça fait pas parler dans la presse, à la radio.
    Et ça se dit représenter tous les habitants de cette ville, ça les exclut plutôt, comme s’ils n’avaient jamais habité cette ville, du genre “ah non! Pas ces gens là!”. Cet ostracisme illustre surtout un provincialisme mesquin dans tout ce qu’il a de plus minable.

    Posté par arnaud | janvier 9, 2008, 10:12
  7. Je viens de lui rendre hommage à ma manière à Simone, sur mon blog. j’ai longuement hésité sur le titre, je ne trouvais rien de percutant, “en voiture Simone !”, ça manquait de classe, alors j’ai repris un titre que j’avais déjà utilisé, parce que, oui, définitivement, nous les femmes, on doit beaucoup aux Simones

    Posté par laure leforestier | janvier 9, 2008, 11:07
  8. Je ne connais pas très bien Mme Simone de Beauvoir mais je souhaiterai savoir si elle avait fait part de son désaccord à Jean-Paul Sartre sur le fait qu’il ait continué à se produire sur la scène culturelle parisienne durant l’Occupation? En effet, certains artistes et/ou intellectuels ont été “inquiétés” pour des faits bien moins graves à la Libération et, à ma connaissance, M. Sartre ne l’a pas été…

    Posté par Alexis | janvier 9, 2008, 12:03
  9. Arnaud monsieur “je donne des leçons”, presentez vous aux elections alors!

    Posté par PAP | janvier 9, 2008, 13:33
  10. (PAP> Votre obstination à toujours, systématiquement, invectiver cet Arnaud me laisse penser que vous pourriez croire que c’est moi. Vous savez il n’y a pas que moi qui n’a pas de sympathie pour votre cher et tendre. Désolé, vous devriez ménager vos dernières forces à faire des commentaires qui… sont des commentaires.)

    A PROPOS DE SIMONE: Elle a écrit sur sa vie sulfureuse ^^
    en dévoilant le nom d’amants et le contenu de leurs lettres d’amour. C’est toujours pareil: quand un mec fait ça, on se dit, ouah, quel séducteur. Quand une femme le fait, on la traite de pute. Comme cet Américain, Nelson Algren, scandalisé qu’on lise ses courriers amoureux au Castor: “J’ai fréquenté des bordels dans le monde entier et là, les femmes ferment toujours la porte.” a-t-il écrit (il est cité dans les Figaro et Canard Enchainé) Vous remarquerez qu’il n’accepte pas qu’une femme évoque sa sexualité, mais qu’il n’a pas peur de dire qu’il s’est tapé des prostitués. Les coqs peuvent mettre leur *panache* en valeur, les poules, pas. Au moins, Simone de Beauvoir nous a appris à prendre conscience de cela, et du recul aussi.

    Posté par Jean le Pitre | janvier 9, 2008, 14:01
  11. Je retiens l’écrivain, la féministe avant l’heure et ses relations pour le moins ambiguës dans “la petite famille”.

    @ arnaud: Après faut il une reconnaissance à tout prix et en faire le reproche ? les cimetières sont remplis de gens mémorables, méritant la reconnaissance de tous. A ce rythme, Arnaud, il va bien falloir renommer toutes les rues, places, lycées et j’en passe.

    je ne ressent, ici, que “le goût de taquiner”. Ce n’est pas grave “j’ai une présence tranquillisante.”

    Posté par Olivier | janvier 9, 2008, 15:12
  12. Jean le Pitre, non je ne me trompe pas, vous vous prenez pour le centre du monde?

    Posté par PAP | janvier 9, 2008, 16:20
  13. Il n’en demeure pas moins à Rouen qu’en ce 9 janvier un hommage à la hauteur de la réputation coquine de Simone s’impose rue des Petits Moutons. A chacun d’y imaginer sa “commémoration” :-)

    En tant que candidate aux élections municipales je propose au vu de l’état du commerce rouennais, l’ouverture d’un espace entièrement dédié au plaisir de la Femme dans cette jolie ruelle…

    Posté par malpaso | janvier 9, 2008, 16:22
  14. PAP> du tout, mais vous avez tant de petits réflexes pavloviens que j’ai cru bon vous apaiser. Mais tant mieux!

    Quant à Olivier, il souligne involontairement l’étrange toponymie d’une ville qui a conservé longtemps le nom de l’assassin sanguinaire des communards à une grand rue, que l’on a finalement refourguée à un type dont l’histoire ne va pas retenir grand chose, sinon qu’il a perdu face à De Gaulle aux présidentielles. Ce pourrait être le sujet d’un autre billet: Quels noms devrait-on donner dans cette ville à quelle rue, en remplacement de quels autres noms? Chiche, on lance le débat.

    Posté par Jean le Pitre | janvier 9, 2008, 16:54
  15. @Jean le pitre: “le nom de l’assassin sanguinaire des communards”. tiens donc cher Jean le pitre, vous défendez la commune, vous m’étonnez ?
    Au contraire, gloire à ceux qui ont écrasé cette infamie meurtrière. Ce cher défenseur de la république devait avoir obligatoirement toute la reconnaissance de notre ville.

    Posté par olivier | janvier 9, 2008, 18:11
  16. Ce centenaire donne lieu à diverses manifestions dans lesquelles seul le mélange des genres est à souligner. Cela va de la chic et choc couverture du Nouvel Observateur au docte colloque sous la houlette (la férule ?) de Julia Kristeva. Tout ça pour dire qu’on a bien des difficultés à y apporter un point de vue original. Surtout sur GrandRouen.com où le risque est grand de passer pour un analphabète ou un pédant (c’est au choix des commentateurs). Simone de Beauvoir a rendu hommage (à sa façon) au Rouen d’avant-guerre. Avouez que c’est assez pour que les édiles d’hier l’ignorent. Pour ceux d’aujourd’hui, itou, à moins qu’on en reparle lors de l’inauguration très lointaine de la médiathèque ? Mais je gage qu’on y préférera quelqu’un de dans la mouvance du temps. Quant à recenser les professeurs oubliés, on pourrait aligner tant de noms ! Simone de Beauvoir oui, mais Colette Audry, Mongo Beti (merci Arnaud), Marcel Schneider, Paul Guth, Arlette Elkaïm… et je ne parle pas de ceux de l’Université. Rien là que de normal, rien là que de rouennais. J’en profite pour vous signaler un blog dédié à notre chère ville : Rouen Chronicle sur Un.Blog. Vous verrez, rien de plus inactuel.

    Posté par felix phellion | janvier 9, 2008, 18:19
  17. Oui et parmi les professeurs d’Université, la propre épouse de
    Mongo Beti, Odile Tobner (oui, merci Arnaud pour ce rappel) auteure d’un dictionnaire de la négritude.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Odile_Tobner
    (Félix, on peut aisément penser que votre blog va attirer, voire enthousiasmer, nombre des fidèles de Grandrouen!)

    Posté par Jean le Pitre | janvier 9, 2008, 19:17
  18. A ma connaissance Simone de Beauvoir n’ a eu, pendant la guerre, aucune espèce d’ activité politique résistante, y compris par la plume.
    Mais peut-être sur le blog quelqu’un pourra nous éclairer davantage à ce sujet

    Posté par Sessyl | janvier 9, 2008, 21:01
  19. C’est au sein du transitoire que l’homme s’accomplit, ou jamais.

    C’est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu’il nous faut puiser la force de vivre et des raisons d’agir.

    C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète.

    Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue.

    Choisir la vie, c’est toujours choisir l’avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu’une moisissure à la surface de la terre.

    Comment mesurer la souffrance et la joie? Peut-on comparer le poids d’une larme au poids d’une goutte de sang?

    Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.

    En un sens le mystère de l’incarnation se répète en chaque femme; tout enfant qui naît est un dieu qui se fait homme.

    Entre deux individus, l’harmonie n’est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir.

    Il me semblait que la terre n’aurait pas été habitable si je n’avais eu personne à admirer.

    Posté par frederic Quillet | janvier 9, 2008, 21:32
  20. Voici ce que j’ai récupéré sur le net au sujet de l’engaqement de S.dB à cette époque

    1941
    Sartre est de retour à Paris
    Tentative de constitution d’un réseau de résistance avec Sartre, Cuzin, Desanti, Bost, Jean Pouillon, Merleau-Ponty, Simone de Beauvoir et quelques autres : “Socialisme et Liberté”.
    Rencontre avec Giacometti
    Juillet : Mort du père de Simone de Beauvoir

    1942
    Brice Parain puis Paulhan acceptent de publier le roman de Simone de Beauvoir mais renaclent sur le titre “Légitime défense”. L’auteure propose “L’invitée”.

    1943
    Sartre accepte d’entrer en CNE et participe à la rédaction des “Lettres françaises”
    Fin de la Rédaction du “Sang des autres.
    A l’invitation de Jean Grenier Simone de Beauvoir écrit “Pyrrhus et Cinnéas”. Le manuscrit est accepté en juillet par Galliamrd.
    Rédaction d’un troisième roman : “Tous les hommes sont mortels”.
    Publication de l’”Invitée”- accueil favorable de la critique.
    Rencontre avec Albert Camus.

    1944
    Simone de Beauvoir participe à une lecture, chez Michel Leiris, d’une pièce de Picasso, “Le Désir attrapé par la queue”. Rencontres avec Salacrou, Bataille, Georges Limbour, Sylvia Bataille, Lacan, Picasso, Braque.
    Mars, avril : le temps des fiestas
    Avril-juillet : Écriture des “Bouches inutiles”.
    Août : Promenades avec Sartre dans Paris libéré.
    Automne : Parution de “Pyrrhus et Cinnéas” chez Gallimard.
    Rencontre avec Hemingway
    Amitié avec Camus
    Projet de revue. Au titre “Grabuge” proposé par Michel Leiris, il est préféré “Temps Modernes”. Le comité directeur est composé dès septembre. Camus ne peut s’y joindre trop occupé par “Combat” ; Malraux refuse. Le comité comprend : Aron, Leiris, Merleau-Ponty, Albert Ollivier, Paulhan, Sartre, Simone de Beauvoir.
    Nouvelles amitiés : Nathalie Sarraute, Violette Leduc.

    Posté par frederic Quillet | janvier 11, 2008, 5:17
  21. Je vous conseille le numéro spécial d’Histoire de ce mois çi avec une interview sur simone de beauvoir

    Posté par PAP | janvier 11, 2008, 10:01
  22. A traduire dans les programmes municipaux pour permettre de poursuivre la lutte féministe : “libération et émancipation de la femme.”

    Posté par carmelle | janvier 12, 2008, 13:26

Poster un commentaire

Votre boutique sur Grand Rouen L'agenda du Grand Rouen Dialoguez sur le forum

Articles Récents

Dernières images
9 octobre 2008
Par Sébastien Bailly
Les meilleures choses…
9 octobre 2008
Par Sébastien Bailly
Freeze à Rouen : on ne bouge plus
7 octobre 2008
Par Sébastien Bailly
Martine Aubry à Rouen, en campagne
6 octobre 2008
Par Sébastien Bailly
Foire Saint-Romain 2008
6 octobre 2008
Par Sébastien Bailly

RSS En ce moment sur le forum

  • Une erreur est survenue ; le flux est probablement indisponible. Veuillez réessayer plus tard.

Archives

A venir

    Aucun évènement de prévu