Crédit municipal : ma tante fait peau neuve

Après trois ans de travaux, le Crédit municipal de Rouen inaugure ses nouveaux locaux, avec un nouveau système de surveillance et un chiffre d’affaires en augmentation.

Après trois ans de travaux, des fuites d’eau, un braquage en 2010, un audit par l’autorité de contrôle prudentiel, le Crédit municipal de Rouen peut enfin relever la tête et « entrer dans la cour des petites banques« , explique Emmanuelle Jeandet-Mengual, présidente du conseil de surveillance du Crédit municipal depuis 2008. Vendredi 16 novembre, le Crédit municipal inaugurait ses nouveaux locaux, place Jacques Lelieur, à Rouen.

Laurent Daupley, directeur du Crédit municipal.

En 2007, la Caisse de Crédit municipal cédait une partie de son patrimoine immobilier au groupe immobilier Kaufman & Broad. En échange de quoi, pour un montant d’environ 100 000 euros, le groupe s’engageait à restructurer et rénover les locaux de cette institution créée à Rouen en 1826. Dès 2009, les travaux commençaient et le bâtiment recouvert de bâches et d’échafaudages. En avril 2010, un homme en profitait pour braquer l’organisme et le délester de 2 millions d’euros de bijoux, appartenant à 1260 clients. Un braquage durant lequel l’un des 6 employés était pris en otage, ainsi qu’un client. Quelques jours plus tard, l’Autorité de contrôle prudentiel, qui vérifie la stabilité financière des organismes bancaires, décidait de s’intéresser à la Caisse de Crédit Municipal. « On était à genoux », commente Emmanuelle Jeandet-Mengual.

Depuis, « la confiance des clients est revenus », affirme-t-on. Le Crédit municipal a enregistré « entre le braquage et aujourd’hui une augmentation de 40% de son chiffre d’affaires », se félicite la vice-présidente du conseil de surveillance. Une confiance rétablie grâce aux travaux dans les locaux désormais complètement désolidarisés du reste de l’immeuble. « Nous avons des doubles plafonds, des doubles murs. Trouvez-moi une bijouterie, une banque qui ne repense pas son système de sécurité après un braquage« , interroge Laurent Daupley, directeur de l’établissement. Ce dernier envisage la sécurité comme une « progression permanente », avec un budget de 30 000 à 70 000 euros par an, le deuxième de l’institution après les salaires. Il explique sa théorie du changement permanent : » Il faut que les personnes se rendent compte que les normes de sécurité changent tout le temps. Renforcer n’est pas forcément la bonne solution. » Evidemment, la surveillance des entrées et des sorties a été améliorée. « On a fait des sas, des horloges, la vidéo-surveillance, des portes blindées », énumère Emanuelle Jeandet-Mengual.

Ce nouveau côté Fort Knox explique en partie l’augmentation du chiffre d’affaires. En plus de la population habituelle qui fréquente ses guichets, Laurent Daupley note l’apparition d’artisans et de commerçants. Une nouvelle clientèle dont il attribue l’arrivée à la crise. « Ils préfèrent déposer leurs objets plutôt que de payer des frais bancaires », explique-t-il. « On essaie aussi de les convaincre de ne pas aller trouver les marchands d’or qui peuvent les escroquer. Vendre l’or par le biais du Crédit municipal est une meilleure solution. Tout comme, on évite de mettre en gage des objets comme des appareils photos qui perdent de leurs valeurs au bout d’un certain temps », prévient le directeur.

En moyenne, 50 client fréquentent l’endroit tous les jours. Il n’existe plus que 18 Crédits municipaux en France. Le Crédit municipal de Rouen est le seul en Normandie.

Recevez toute l'actualité par email

Recevez quotidiennement ou presque le meilleur des articles de
Grand-Rouen directement dans votre boite mail.

Commentez sur Grand-Rouen

Laisser un commentaire