Charte de la diversité

Comme Lyon, en octobre 2005, la ville de Rouen va signer une charte de la diversité. De quoi s’agit-il ? D’un document qui engage la ville à un certain nombre d’obligations de principe, limitées par les statuts particuliers de la fonction publique.
Cette charte est au programme du conseil municipal de vendredi 24 mars 2006. Les engagements de la ville sont les suivants :
- sensibiliser et former les encadrants et collaborateurs impliqués dans le recrutement,
la formation et la gestion des carrières aux enjeux de la non-discrimination et de la
diversité
- respecter et promouvoir l’application du principe de non-discrimination sous toutes
ses formes et dans toutes les étapes de gestion des ressources humaines que sont
notamment le recrutement, les rémunérations, l’évaluation, la formation, l’évolution et
le déroulement de carrière des agents.
- chercher à refléter la diversité de la société française au sein de l’effectif municipal, à
tous les niveaux de qualification.
- communiquer et valoriser, auprès de l’ensemble des collaborateurs, l’engagement en
faveur de la non-discrimination et de la diversité, et informer sur les modalités de cet
engagement.
- faire de l’élaboration et de la mise en oeuvre de la politique de la diversité un objet de
dialogue avec les représentants du personnel et inclure dans le bilan social un
chapitre descriptif de notre engagement de non-discrimination et de diversité :
actions, mises en oeuvre et évolution des pratiques.
Ce sont, exactement, les engagements de toutes les entreprises signataires de la charte telle qu’elle existe depuis octobre 2004. L’exposé des motifs de la charte est claire sur les objectifs :

L’origine ethnique ne sera jamais « le » critère pour obtenir un emploi. Notre action vise à lutter contre les discriminations, pas à en ajouter de nouvelles. La Charte cherche seulement à compenser un certain nombre de handicaps devant l’emploi dont souffrent nombreux candidats issus de l’immigration : absence du capital culturel, social, éloignement des réseaux, si importants dans la recherche d’un emploi. L’engagement de l’entreprise en faveur de ces candidats ne se conçoit qu’à qualifications égales. Il cherche à valoriser la compétence, et rien d’autre.

Pour ce faire, nos entreprises doivent dépasser les réflexes de confort, de prudence ou de conformisme, qui freinent le recrutement des diplômés issus des minorités visibles, puis leur promotion dans l’entreprise. Dans cette optique, elles doivent au plus vite formaliser et valoriser leurs engagements en faveur de la Charte de la diversité, pour ouvrir l’accès à l’élite aux candidats maghrébins, noirs ou asiatiques, et leur permettre de faire valoir leurs compétences et leurs talents.

[…]

La Charte est un message fort, le gage d’une ouverture, une promesse claire en faveur de la non–discrimination et de la diversité en France. Cette promesse est une avancée importante, mais elle ne suffira pas. Nous devons trouver les moyens d’une évaluation fiable, pour mesurer l’efficacité des pratiques inclusives mises en œuvre au titre de la charte.

Ni quotas rigides et discriminatoires, ni simple « bonne volonté » vouée à l’échec, la charte de la diversité est la première étape vers une démocratie pluraliste, attachée à la lettre, mais plus encore à l’esprit de notre héritage républicain.

 

L'article a été écrit le Lundi 20 mars 2006 à 8:15 dans la catégorie Conseil municipal par Sébastien Bailly. Il a bénéficié de 508 lectures. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés pour cet article.

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