Circulation, commerçants, pas contents !

Moins d’une centaine de commerçants ont manifesté ce matin rue de la République à Rouen. Ils en ont assez de voir leurs clients déserter les boutiques à cause de la circulation.

« Le centre-ville devient un ghetto où nous attendons le client », « ras le bol ». Des mots que l’on entendait lundi 26 novembre, aux alentours de 10h30 au niveau de la place de La Calende. Un peu moins d’une soixantaine de commerçants s’était donné rendez-vous là pour manifester. Leurs revendications ? Non à la crise du pont Mathilde ! Non aux stationnements payants ! Non aux parkings payants ! Non aux voies réservées aux Teor !

Ils clament tous avoir perdu entre 30 et 40 % de leur chiffre d’affaires, au moins depuis les travaux de l’été 2012 rue de la République. Depuis le 3 septembre 2012, le sens de  de circulation de cette artère est inversé. « Les automobilistes ne peuvent plus entrer en centre-ville par cet axe qui a toujours été « montant ». « Non-sens historique », nous dit-on.  »En plus, ils ont fait des trottoirs immenses, y a jamais personne dessus », grince Marie-Thérèse Legris, de la Maison du Bouton. Un drame pour ces commerçants qui « souffrent déjà de la crise, de la taxe professionnelle, des charges, des bouchons du pont Corneille », sans oublier, la crise du pont-Mathilde, goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Une manifestation donc pour signifier leur mécontentement au maire. Mais les commerçants ne semblent pas rodés à l’art de la manifestation. Pas de slogans, ni de cris. Un sifflet tout seul, une banderole et deux pancartes. « C’est moi qui les ai faites, se vante Jacky Dury, décorateur d’intérieur de Décoroom. Heureusement, sinon, ils n’avaient rien. Faut les bouger les commerçants rouennais. »  Les bouger, oui ! Mais pas trop loin. Les manifestants, très calmes, ont remonté tranquillement la rue de la République, jusqu’à l’Hotel de Ville. Bloquant à peine la circulation.

Arrivés à la mairie, des renforts les attendent pour grossir les rangs. Ambiance bon enfant. Certains attendent une vraie marche arrière de la part de la mairie, beaucoup sont venus par militantisme. D’autres sont venus par solidarité et parfois sans trop y croire. Comme André Galopin, qui tient un commerce de fruit et légumes rue du général Leclerc. « Ils auraient dû réagir avant les travaux », se moque-t-il un peu.

Peut-être à cause du froid, ils sont tous entrés dans la mairie. Avec les pancartes, et le sifflet qui continue de raisonner dans le bâtiment. Après un passage loupé - »c’est pas par là, on fait demi tour »- dans le salon Louis XVI, ils ont fini par former une délégation pour être reçus par le maire. « Pas de délégations, on y va tous, entend-t-on par là, on ne sera pas venus pour rien comme ça… » Mais l’idée ‘est pas suivie.

Après quatre-vingt-dix minutes pendant lesquelles la foule dans la galerie s’est amincie, les membres de la délégation sont sortis. Les mains presque vides. Ils auraient arraché à la mairie, la gratuité des parkings le dimanche, durant les trois week-ends de décembre (une information démentie par la mairie), ainsi que la gratuité du stationnement rive gauche jusque fin janvier 2013. Il faut dire que sur près de 3000 commerçants rouennais, une petite centaine ne fait pas forcément le poids.

Les photos sont de Guillaume Painchault

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5 réflexions au sujet de « Circulation, commerçants, pas contents ! »

  1. Sûr que tout le monde n’est pas « pro » de la manif – ou de la politique, voir l’ump. Ce qui est certain est que la situation (l’activité économique à Rouen centre) a empiré en septembre, lors de la concrétisation de la nouvelle livraison d’espace public à la TCAR, et que depuis l’accident du pont Mathilde, la tendance est littéralement sinistre.
    Au-delà du lobbying en faveur du transport en commun, les autorités accepteront-elles de tenter d’organiser un plan de sauvetage, avec tous les Rouennais? La mort économique de Rouen ne profitera pas à l’agglomération…

  2. A la mairie, les commerçants sont toujours vu comme des voleurs.
    Je me souviens de combat du Ps contre Albertini et le projet des Docks, il était question de sauvegarder le petit commerce. Les docs sont là, il n’y plus un chat en ville mais surtout on ne change rien.

    J’aime les commentaires de Jacques Yvon Felix. Comment résumer son approche ? Comprendre de travers, proposer… non ne rien proposer. J’aime ce sectarisme bourrin tout est soit noir soit blanc.

    Le debat sur la chromie sur les photos est vraiment étrange.
    La photo couleur est une faute alors ? Seul le Noir et blanc est autorisé ? La mise au point doit être manuelle ? pas de numérique, on reste en argentique ? C’est quoi un prétendu photo journaliste ?

  3. je suis strasbourgeois et votre débat me rappelle celui des années 90 ou les commercant et leur soutiens politique parlaient de « mort » du centre ville (voir de la ville entière) avec l’arrivée du tram, la pietonnisation le changement de circulation qui allait avec.
    Ben c’est tous le contraire qui c’est passé.

  4. Bonjour fred2. Je suis Rouennais (mais né bien ailleurs et voyageant relativement beaucoup) et je note que la configuration géographique de Strasbourg confère à cette grande cité une accessibilité nettement plus importante que celle de Rouen, ville de cuvette…
    J’ajouterai (et je sais que je vais me faire allumer…) que l’ambiance strasbourgeoise n’est pas systématiquement idyllique. Moi, jaime beaucoup Colmar.

  5. J’ai visité plusieurs fois l’Alsace (très belle région) mais jamais Strasbourg que l’on m’a déconseillé à cause de… sa politique anti-voiture (bizarrement, le touriste se déplace en voiture et n’aime pas prendre les transports en commun dans les villes qu’il ne connait pas). En supprimant les parkings gratuits des quais bas rive gauche, Rouen va perdre à la fois les clients des commerces et les touristes. Mais comme apparemment cette ville méprise autant les habitants de la périphérie que les touristes, ça ne devrait pas les déranger de mourir entre eux

    Et j’aime aussi beaucoup Colmar :-)

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