Cinéma Omnia : on efface tout et on recommence

Depuis l’ouverture du cinéma Omnia, la menace planait. Le Tribunal administratif vient d’annuler la procédure de désignation de son gestionnaire.

omnia Cela aura pris du temps. En trois ans, l’Omnia aura réalisé un travail conséquent, fait de rendez-vous réguliers, associant une programmation exigeante à des thématiques plus grand public. Débats, rencontre, absurde séances, cycles, ventes d’affiches, soirées spéciales : le dynamisme était au rendez-vous.

Sortir le cinéma art et essais de son ghetto en créant un lieu qui sera le chaînon manquant entre le cinéma populaire et les films plus pointus. Telle est l’ambition de Richard Patry lorsqu’il a signé, le 8 juillet 2010 la délégation de service public (DSP) qui attribue à sa société NOE (Nord-Ouest Exploitation) la gestion des salles de la rue de la République dans le bureau de Valérie Fourneyron, alors maire de Rouen.

Aussitôt, Le Melville et l’UGC Ciné Cité ont contesté la procédure de passation de la délégation de service public pour l’exploitation du cinéma situé rue de la République à Rouen devant le Tribunal Administratif.

 

La procédure lancée par Le Melville a été jugée irrecevable par le Tribunal. Mais l’UGC Ciné Cité a su convaincre.

Le Tribunal Administratif a rendu sa décision mardi 4 juin 2013 : la délégation de service public signée en 2010 ne tient pas la route. Pourquoi ? Comme souvent dans le cas des marchés, sur un point de procédure. Un point qui n’a pas de rapport avec le choix qui a été fait. En clair, peu importe quelle société a été choisie : la procédure aurait été cassée quoi qu’il en soit.

Pendant les négociations, la ville a fait passer la durée de la délégation de 10 à 15 ans. Là est son erreur. Selon le tribunal, d’autres entreprises auraient pu faire des offres si ce point avait été connu en amont. Il s’agirait là d’une modification de la proposition trop importante pour pouvoir valider le choix qui résulte de la procédure.

La meilleure des offres disponibles a bien été choisie

Le Tribunal va jusqu’à préciser que le choix de Noé cinéma était tout à fait justifié, car les propositions de Noé cinéma était meilleures que celles d’UGC. UGC proposait des places plus chères, pas de tarif pour les personnes sans emploi… UGC proposait en outre des prévisions de fréquentation invraisemblables pour le Tribunal. Il était normal, dans ces conditions, que Noé l’emporte.

UGC étant selon le Tribunal Administratif dépourvu de chances sérieuses de remporter le contrat, aucune  indemnisation du manque à gagner n’a été décidée. Seuls 3000 euros correspondant aux frais pour déposer leur offre devront être remboursés par la ville, ainsi que 1000 € de frais d’avocat.

Le Tribunal donne neuf mois avant l’annulation effective de la délégation. Le temps de relancer une procédure. Jusqu’à la désignation d’un nouveau délégataire, l’Omnia reste géré par Noé cinéma. Et peut-être ensuite aussi : candidat à sa propre succession, l’actuel délégataire pourrait bien rester en place, et rien ne changerait alors pour les Rouennais.

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