Il n’est pas très inquiet sur sa réélection, le député sortant de la cinquième circonscription. Dimanche dernier, il lui a manqué un tout petit pour cent pour être réélu dès le premier tour, laissant loin loin derrière lui la candidate UMP créditée de 20% des suffrages. Autant dire que l’affaire s’annonce sous les meilleures augures.
Christophe Bouillon est cool et c’est sans aucun doute la qualité nécessaire pour avoir su tracer son sillon au sein de la fédération PS de Seine-Maritime. Militant PS dès 15 ans, il devient aussi le plus jeune secrétaire fédéral en 1997. Il a alors 28 ans. On lui prédisait le pire, dans une fédération réputée peu facile. 15 ans plus tard, il est toujours là et ne semble pas prêt de lâcher les commandes.
Elu en 1995 à Rouen sur la liste d’Yvon Robert, il gagne en 2001 la mairie de Canteleu dont il est toujours le premier édile. Tous s’accordent (y compris à droite) à louer son bilan.
Premier mandat législatif en 2007, il mettra deux ans à trouver ses marques au sein de l’Assemblée Nationale. Pas facile de prendre sa place au sein des éléphants. Dans un premier temps il s’inscrit dans la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, un grand fourre-tout où il est malaisé de faire son trou. Il intégrera deux ans plus tard à sa création la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire où il s’épanouit depuis. A son bilan, deux rapports, l’un sur le bruit, l’autre sur la gestion durable des matières premières minérales.
Difficile de lui demander de faire la preuve de ses compétences, déjà démontrées , nous préférons évoquer avec le premier fédéral du département, les chances des candidats de gauche. Il y a ceux dont l’élection est déjà assurée : Luce Pane sur la troisième, Laurent Fabius sur la quatrième, Catherine Troallic sur la huitième. Ceux qui sont en ballotage archi-favorable : Valérie Fourneyron sur la première, Christophe Bouillon sur la cinquième, Sandrine Hurel sur la sixième, Estelle Grelier sur la neuvième. Ce sera un peu plus délicat mais c’est jouable pour Véronique Moinet sur la deuxième, Laurent Logiou sur la septième et Dominique Chauvel sur la dixième. Assez cruellement, le redécoupage électoral effectué par la droite pour lui permettre de garder ou gagner des circonscriptions se retourne contre elle.
Toutes ces candidatures à gauche ne sortent pas d’un chapeau, elles se sont construites au fil du temps. Je note avec un certain plaisir le nombre de femmes que la Seine-Maritime va envoyer à l’Assemblée, six ou sept sur dix selon les résultats. Et ceci est aussi à inscrire à l’actif de Christophe Bouillon qui, à l’inverse de l’UMP, a su donner leur chance à de jeunes femmes en politique.
Alors dimanche soir, le grand chelem pour la gauche en Seine-Maritime ? Tout est possible, à vous électeurs de trancher.

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