Pont-Mathilde : la CCI lance un appel aux pouvoirs publics

Du 21 au 25 janvier 2013, la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) de Rouen et ses partenaires ont réalisé une enquête auprès de 380 entreprises du territoire. Le but ? Montrer à force de chiffres, les dégâts qu’engendre l’absence du Pont-Mathilde sur l’activité de la région.

Il résulte que ce sont les entreprises de services les plus touchées. 46 % d’entre elles ont déclaré un impact négatif sur leur activité, 29 % des entreprises dites de commerce, implantées dans la Crea ont aussi perçu cet impact. Les entreprises interrogées notent une diminution de la fréquentation de leur clientèle, une augmentation des coûts de transports et un impact sur leurs salariés. 40% des 380 entreprises interrogées par la Crea déclarent avoir procédé à un changement de leur stratégie commerciale. « Il est clair que les entreprises de la rive gauche ne veulent plus servir la rive droite« , commente Christian Hérail, président de la CCI, ce mardi 6 janvier 2013 au matin, à la présentation des chiffres.

En bref, les entreprises déclarent avoir subi des pertes de leur chiffre d’affaires, avoir des problèmes pour livrer et être livrées, noter le stress et l’agacement des clients et de leurs salariés qui subissent aussi des augmentations de temps de trajet. « Bonjour l’organisation« , déclare avec ironie le président de la CCI.

Ce dernier s’appuie sur cette enquête pour remettre en cause le délai de remise en service du Pont-Mathilde -trop long, selon lui-, arguant que 7 % des entreprises interrogés estiment leur activité compromise. « Ce sont des gens que l’on risque de retrouver au tribunal de commerce », note-t-il, avant d’avancer un nouveau risque pour la région : le recul de l’investissement.

13% des chefs d’entreprise interrogés déclarent remettre en question certains de leurs projets de développement. « Fait-on nos investissements à Rouen ou ailleurs ?  » s’interroge Christian Hérail, « bonjour l’attractivité du territoire. »

Bien entendu, cette enquête n’a pas été faite uniquement pour pointer le négatif. La CCI et ses partenaires souhaitent par là montrer le « besoin impératif » d’un contournement-est de l’agglomération. « Il est clair qu’aujourd’hui, si on avait un contournement est, l’impact du Pont-Mathilde aurait été moindre« . Christian Boulocher, président régional de la fédération des entreprises de Transport et Logistique de France (TLF) pose des questions : « Veut-on un déclin durable ou un développement durable ? » On pointera aussi du doigt les transports en commun, »organisés seulement et uniquement en fonction des scolaires ».

Si ces partenaires n’apportent aucune solution et souhaitent simplement « interpeller les pouvoirs publics », ils ont tout de même quelques idées. Comme une grande campagne de publicité pour « montrer l’attractivité du territoire« , en prenant pour exemple Le Havre, qui selon eux a sauvé son image.

On finira par dénoncer le manque de concertation des pouvoirs publics avec les partenaires économiques. « Comment se fait-il qu’on ne prenne pas en compte le point de vue de ceux qui payent les impôts et les taxes qui font vivre les collectivités? »

« On ne cherche pas à faire de catastrophisme par plaisir », aura-t-on à coeur de préciser finalement.

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2 réflexions au sujet de « Pont-Mathilde : la CCI lance un appel aux pouvoirs publics »

  1. Peut-être que le camion citerne qui s’est renversé et enflammé sur le pont était en « promenade » ( pressé malgré tout pour verser de la sorte) et conduit par un particulier en dilettante?
    N’appartenait-il pas à une entreprise préoccupée de rentabiliser au mieux ses livraisons?
    Maintenant, ce sont les « entreprises » l’oeil rivé sur leurs chiffres d’affaire qui récriminent en accusant(presque) les pouvoirs publics d’être inefficientes! Un comble!
    C’est vrai, le maître est le fric, la course frénétique aux profits avec la menace constante de licenciements! Il serait donc impératif de mobiliser la population( les chômeurs ?) pour immédiatement démonter l’élément du pont endommagé et le réparer vaille que vaille tout aussi rapidement pour que ces messieurs-dames, chefs d’entreprise puissent continuer leur activité lucrative sans cet inconvénient (majeur) de la traversée de la Seine ainsi déportée !
    Le délire, l’irresponsabilité et l’égoïsme ! Des valeurs sûres !….

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