Au cœur de la nuit, Free camoufle son antenne relais

Lorsqu’on dissimule une antenne de téléphonie mobile en plein centre ville au milieu de la nuit, avec une grue et un décor monumental, c’est qu’on cherche vraiment la discrétion. Mais que veut-on cacher exactement ?

20130506-222657.jpgMercredi 1er mai, un camion grue s’active au croisement des rues Beauvoisine et Jean Lecanuet. Il est 1 h du matin, la ville dort. L’opérateur Free mobile, lui, ne chôme pas. Ses équipes installent un mur factice de plusieurs mètres de long.

Un décor digne d’un studio de cinéma visant à dissimuler une antenne relais installée récemment par le géant de l’internet. La raison d’un tel « camouflage « ? Officiellement, une exigence posée par la ville de Rouen. « Nous sommes en secteur sauvegardé, il y a donc obligation de ne pas dénaturer le paysage », indique-t-on au service communication de la municipalité. Reste que l’heure et le jour choisi pour l’intervention peuvent surprendre. L’opérateur aurait voulu agir discrètement, il ne s’y serait pas pris autrement. Quid, par exemple, de l’horaire ? « C’est une de nos demandes, précise-t-on à la mairie pour justifier l’opération nocturne. Compte tenu des difficultés en matière de circulation à Rouen, nous avons exigé que ces travaux se passent la nuit. » Le secteur en question se situe pourtant en zone piétonnière. Comprenne qui pourra…

Une chose est sûre : désormais, les opérateurs de téléphonie mobile marchent sur des œufs. Même si les experts scientifiques restent divisés, de nombreuses associations écologistes dénoncent les risques du trop plein d’ondes pour la santé. Et les riverains n’hésitent plus à se rebeller. « Depuis cinq ans, la dissimulation est devenue une règle, décrypte Marc Cendrier, chargé de l’information scientifique à l’association Robin des Toits.
Les citoyens sont désormais au courant des risques pour la santé et ils se mobilisent de plus en plus. »

Voilà pourquoi les opérateurs se feraient de plus en plus discrets. Free, le dernier entrant sur le marché de la téléphonie mobile, se trouve concerné en premier lieu par ces levées de boucliers. Pour combler son retard en matière de couverture réseau, le groupe s’est engagé dans un vaste de programme d’équipement. D’où, entre autres, cette antenne installée au sommet du 19 rue Jean Lecanuet, un immeuble en copropriété. « En échange de l’emplacement, Free a pris en charge la réalisation de travaux », révèle Jean-Claude Morel, un habitant de l’immeuble.
20130506-225319.jpg« Tout a été fait dans les règles », s’empresse-t-il d’ajouter. L’information au public reste néanmoins lacunaire. Des panneaux, placés à l’extérieur, visaient seulement les travaux de camouflage. Rien, a priori, n’évoquait la pose d’une antenne relais. Prévue dans une charte élaborée par la ville et les opérateurs, la mise en ligne du dossier n’était pas disponible sur le site internet de la ville.

Ce « contrat » prévoyait également la possibilité d’organiser une réunion d’information et de concertation en cas de nouvelle implantation à Rouen. Celle-ci n’a pas eu lieu.

Les risques pour la santé ? « Aucun, assure Jean-Claude Morel. Les normes de sécurité sont respectées », croit-il savoir. Cyrille Moreau, conseiller municipal Europe Ecologie, reste sceptique: « Le fait de procéder à de tels travaux de nuit indique que l’opérateur a quelque chose à cacher. Cela vient nous conforter dans l’idée que ces antennes relais représentent bel et bien un danger. » De son côté, Free ne s’est pas montré très bavard. L’entreprise a décliné toutes nos demandes d’entretiens. Sur ce sujet, les communications ont encore du mal à passer…

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Une réflexion au sujet de « Au cœur de la nuit, Free camoufle son antenne relais »

  1. Il faudrait demander ce qu’en pensent ceux qui habitent en hauteur et en face des antennes relais HF micro-ondes. Déjà indépendamment de l’impact sur leur santé, leur patrimoine est fortement dévalué. Il est très facile de parler de cette technologie lorsque on l’utilise et que l’on n’en a pas les inconvénients. Nous recherchons in situ un contact. Next-up.org

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