Au coeur de la circulation à Rouen

Rendez-vous était donné au petit matin, ce 15 novembre 2012, au PC circulation de la ville de Rouen, rue Orbe. L’occasion pour les journalistes de découvrir comment la police municipale surveille et gère la circulation dans la ville. Un point crucial depuis la fermeture du Pont Mathilde.

Dans la pièce, des PC et des écrans. Un plan géant, avec les feux, alternativement rouges et verts, et les éventuels bouchons. Les caméras, pointées sur les carrefours et les ponts. On voit tout, on sait tout, et l’on peut, au besoin, modifier la durée d’un feu vert, ici ou là.

Depuis la fermeture du pont Mathilde, il est quasiment impossible de prévoir où les bouchons vont se former, et quand : « Les gens cherchent des horaires différents, ou d’autres voies d’accès, explique-t-on tout en précisant : les bouchons commence une heure plus tôt qu’avant, et durent jusque vers 9h30 ou 10h le matin. »

A regarder les écrans, une des causes du problème est clairement identifiable : « regardez ces flux de véhicules qui s’insèrent dans les carrefours et bloquent la circulation au moment du changement de feux ». Et l’on voit clairement sur l’écran, en bas de la côte de Neufchâtel, que là où une quinzaine de véhicules pourraient passer si chacun se disciplinait, c’est trois, voire deux voitures seulement qui peuvent franchir le carrefour.

Aux carrefours où des agents de la police nationale ou municipale sont déployés, la situation est beaucoup plus fluide. Ils sont actuellement une vingtaine, matin et soir, à éviter que les gens s’engagent dans des carrefours qu’ils ne peuvent visiblement franchir.

« Mais on ne peut pas mettre un policier à chaque carrefour… Il faut que les gens respectent le code de la route », conclut-on, les yeux rivés sur une place Saint-Paul incroyablement fluide ce matin là alors que le Pont Guillaume le Conquérant commence à bouchonner sérieusement.

La solution viendrait-elle des transports en commun ? Frédéric Sanchez livre les chiffres de la semaine : « pour le métro, l’augmentation de fréquentation est de 14 à 15%. Sur la ligne 7, c’est presque 10%. Et les TEOR enregistre une hausse de 5 à 6% des validations. Sur le reste du réseau, c’est stable. Les lignes qui supportent la montée en charge sont les lignes en site propre, qui ne subissent pas les aléas des em.bouteillages »

Il faut bien convenir qu’un bus dans un bouchon ne va pas plus vite que les voitures : « Le taux de ponctualité est descendu entre 70 et 75% alors qu’il est habituellement entre 85 et 87%. Certains lignes sont plus dégradées que d’autres : certains retards ont pu atteindre 20 à 30 minutes. Mais dans les transports en site propre, le taux de régularité reste habituel. »

Côtés parking relais, ce n’est pas la ruée : « La situation est claire et décevante, admet Frédéric Sanchez. Il y a partout une montée en charge, mais il reste de la place. Et le parking du Zenith reste à peine utilisée. Trop de véhicules qui viennent de l’Eure rentrent dans Rouen au lieu de l’utiliser. Nous pensons que beaucoup d’Eurois ne savent pas encore les progrès faits par le ligne 7. Nous devons lancer une campagne de communication auprès des communes concernées pour que cela s’améliore. »

La satisfaction est plus grande concernant la mesure de gratuité de la Carte Astuce. « Nous avons créé 200 cartes hier ». Un très bon début, pour le Président de la Crea.

Prochaine étape : la mise en ligne lundi 19 novembre d’un site d’info trafic à Rouen. Jusque là, la ville utilisait son compte Twitter pour donner des informations en temps réel. Le responsable de la communication passe ses débuts et ses fins de journée dans un coin du PC circulation, les yeux rivés sur les écrans, à donner des informations. Une permanence qui s’arrêtera dès le site en ligne.

Le site, conçu par la ville, devrait être également accessible sur mobile et donner le nombre de places disponibles dans les parkings, permettre de calculer des temps de trajets, indiquer le nombre de stations disponibles dans les stations Cyclic… Bref, devenir rapidement un portail des déplacements à Rouen.

Mais, on ne consulte pas Internet dans sa voiture, fait-on remarquer. Et de rappeler qu’au moment de la construction du métro, en 1994, une radio avait été mise en place à Rouen, pour informer les automobilistes des difficultés dans leur voiture. « Personne ne s’en souvient à la Crea », fait remarquer Frédéric Sanchez… Yvon Robert, aujourd’hui maire de Rouen, sourit : « nous n’étions pas nombreux au Sivom, à l’époque… mais il y avait bien une radio. » C’est qu’il était déjà là. Aux manettes de la construction du métro. Et si l’idée revenue du siècle dernier faisait son chemin ? Rapido.

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4 réflexions au sujet de « Au coeur de la circulation à Rouen »

  1. Toutes premières conclusions de ces premières journées sans Mathilde…
    1.Il n’y a pas pour l’instant de ruée sur les transports en commun en « site propre »; or, en dehors notamment des traversées de la Seine à certaines heures, on ne circule pas trop mal en auto, à Rouen…
    2. Donc, les automobilistes savent se comporter, ne sont pas que des abrutis fonceurs.
    3. Sauf bien sûr les « bloqueurs de carrefours », visibles grâce à (l’utile!) télésurveillance. Bus compris, du reste.
    4. Donc, il faut plus de policiers aux carrefours, quitte à faire quitter leurs bureaux à certains, et à par exemple utiliser les couples de flasheurs radar de la Police Nationale et les joyeux pratiquants des deux roues de la Municipale. Ils rempliront alors des fonctions utiles.
    5. Les bacs, c’est aussi utile, et sympa. Mais il faudrait une armée d’embarcations du type « débâcle août 44″ pour remplacer un pont: n’en déplaise aux rêveurs et ignorants, le transport fluvial est avant tout adapté aux vracs, voire conteneurs.
    A bientôt.

  2. Le Rouennais de base a encore pas mal de progrès à faire dans son cheminement intellectuel. Pour certains (et je ne dis pas tous), les transports en commun sont synonymes de régression sociale (vive le culte de la voiture individuelle mono occupée, constat quotidien que je fais en croisant à pied les voitures embouchonnées).

    Pour ce qui est des parkings relai, ca reste excessivement louable. Pour ce qui est de celui du Zénith, un a priori m’assaille: pourquoi laisserai-je ma voiture sur un énorme parking à l’écart de tout pour aller dans le centre? Dans quel état la retrouverai-je? Moi qui défend les TC, je ne laisserai pas ma voiture là bas. A tort peut-être. Mais le coin n’est pas propice à ce genre de choses.

    Quant au parking relai du Mont Riboudet (ou le K) il serait bien que la CREA se soucie d’y installer un véritable ascenseur et non pas un monte charge à bestiaux et autres caisses en vrac. C’est assez peu sécurisant, voire d’un autre âge. L’idée du Pôle d’échange est bonne, et l’a toujours été, mais voyez à quoi ressemble cet élévateur. On ne sait pas s’il fonctionne ou pas (il faut laisser le doigt appuyé dessus en permanence). Bref, une maman (ou papa) en poussette accompagnée d’un bambin véloce aura plus d’intérêt à prendre les escaliers plutôt que de se risquer dans cette plateforme ridicule.
    La CREA ne s’est pas donné les moyens d’établir un équipement qui donne envie d’être utilisé (et comme il ne l’est que peu, peu se plaignent de son accessibilité)

    Quoi qu’il en soit, Rouennais, ne ménagez pas vos efforts, malgré tout pour le co voiturage, l’usage des TC.

    Et oserai-je le dire?…oui: déplacez vous à pied pour ceux qui le peuvent.

    Ce n’est ni votre honneur ni votre petit confort qui en souffrira, surtout si vous n’avez pas d’enfants à déposer en chemin.

    Rouennais, donne toi les moyen de te bouger les fesses, ils n’appartiennent qu’à toi!

  3. Malgré les conseils justifiés face à une situation particulièrement difficile, les mentalités ne peuvent évoluer brutalement d’autant que le chacun pour soi a été érigé comme valeur indispensable de réussite personnelle bien entretenue par la pensée dominante culte de l’égoïsme et de l’individualisme dans une société hyper matérialisme.
    Maintenant, comment solliciter le sens du bien commun, la prise de conscience de la collectivité, ne serait-ce qu’un minimum de sens civique ? Il n’y a qu’un petit nombre de citoyens éduqués qui a cette pratique.
    Nous sommes toujours dans une société immature qui ne fonctionne qu’avec « la carotte ou le bâton » forcement sujet d’injustice et de nivellement par le bas. A qui la faute ?
    Je ne peux qu’émettre le souhait qu’un nombre de plus en plus grand de nos concitoyens prennent conscience de la réalité et de leur bien à long terme en modifiant leurs (mauvaises) habitudes.

    Je lis que le propos des commentaires est dans le même esprit: La prise de conscience.

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