Quels plans quand le gaz part ?

Que se passe-t-il quand il se passe quelque chose ? C’est pour répondre à cette épineuse question que nous avons visité, à Bihorel, le centre régional où se traitent les incidents du réseau de gaz de GrDF. Là, dans un bâtiment bas, sécurisé, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, on centralise la gestion des incidents sur la région. Et des incidents, il y en a. Des petits, des moyens, et parfois des graves, comme lorsque la ville d’Alençon a failli être intégralement privée de gaz… Failli seulement : une solution a permis de résoudre le problème d’alimentation en n’impactant que 150 abonnés. Et cela peut aller jusqu’au plan d’ORganisation et d’Intervention GAZ (ORIGAZ), pour d’éventuels très gros incidents, qui nécessiteraient par exemple l’évacuation d’un hôpital dans des conditions difficiles.

La plupart du temps, lorsqu’on entend parler du gaz, c’est qu’une canalisation a été arrachée, ou percée. Sur un mur de la pièce qui sert de centre de contrôle, une liste des entreprises de travaux publics. Le hit parade maison des mauvais élèves : en haut, celui qui a provoqué le plus d’incidents en 2011. Douze à lui tout seul. En bas, le meilleur élève, avec 3 mentions seulement.

Car c’est là que tout commence, évidemment, dans la pédagogie, les autorisations de travaux, les plans du réseau… Trop souvent, on perce, on creuse, on éventre chaussées et trottoirs sans se poser assez de questions, ou en tenant le plan à l’envers. On a même vu des engins de chantier se renverser dans une tranchée ouverte sur une conduite de gaz !

Les incidents sont très généralement traités depuis une centrale téléphonique. Il y en a trois en France. Dès qu’un incident est signalé, à 99% par un riverain ou un abonné, GrDF enclenche les procédures. Les choses vont très vite. La preuve avec ce compte-rendu d’incident audio : le technicien arrive en 16 minutes, et, en trois quarts d’heure, le gaz est coupé : il n’y a plus de fuite. Les pompiers, sur place, éteignent l’incendie.

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Contractuellement, GrDF doit intervenir en moins de 60 minutes dans 95% des cas. Une statistique largement atteinte par les services qui sont organisés dans le temps et dans l’espace pour répondre à toutes les situations.

Les techniciens sont répartis sur tout le territoire de telle façon qu’il y en ait toujours un à moins d’une heure de route de n’importe quel point d’incident possible. Et les équipes d’astreinte sont organisées pour travailler 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Le chef d’exploitation a la responsabilité du réseau pour une semaine entière. Ils sont cinq à remplir cette fonction à Bihorel, à tour de rôle. Ce sont eux qui ont la responsabilité des événements et qui prennent les décisions qui s’imposent selon la nature des incidents.

Le système est rodé. Les moyens techniques au point. Pas vraiment le droit à l’erreur, il faut dire. Système de cartographie maison, usage des coordonnées GPS, géolocalisation des véhicules : rien n’est laissé au hasard. Et c’est plutôt rassurant.

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