Aître Saint-Maclou : trois scénarios possibles à Rouen

Trois scénarios ont été retenus pour la reconversion de l’Aître Saint-Maclou. Tous tournent autour de l’art contemporain et la création. 

AITRE ST MACLOUL’avenir de l’Aître Saint-Maclou se profile. Le monument de la rue Martainville qui attire près de 220 000 visiteurs par an a vu ses possibilités de reconversion étudiées par le cabinet d’ingénierie culturelle Abcd, chargé par la mairie de Rouen. Lors d’une réunion publique à l’Hôtel de Ville de Rouen ce 1er juillet 2013 au soir, trois scénarios ont été présentés à un public composé d’une soixantaine de Rouennais. Peu ou aucun étudiant des Beaux-Arts n’étaient présents. Eux qui pourtant étaient bien impliqués dans le futur de leur école, qui se voit relocalisée à la Grand’ Mare. La faute peut-être à la date estivale de cette réunion publique.

Trois scénarios ont donc été retenus par le cabinet Abcd :

  1. Un atelier de création numérique, avec des expositions d’art contemporain et un showroom d’artisanat d’art. Comme exemple, le cabinet a choisi de s’appuyer sur le Medialab de Madrid, « qui encourage des projets collaboratifs ». Ou encore Le Cube d’Issy-les-Moulineaux. « Le site accueillerait des ateliers artistiques avec des outils numériques de création. Le showroom ne serait pas une boutique mais une vitrine pour les artisans, une mise en avant, un relais vers les boutiques des artisans locaux », nous explique-t-on. Pour le faire fonctionner, ce projet coûterait environ 900 000 euros par an. 
  2. Une maison des projets du territoire. « Un grand espace d’exposition qui accueillerait des projets urbains, sociaux, économiques, éducationnels. Pour montrer l’avenir du territoire. Un lien entre le passé, le présent, et vers le futur. » Elle présenterait notamment des expositions temporaires. Le cabinet Abcd s’est appuyé sur la Maison des projets urbains de Saint-Etienne. Ce projet est le moins coûteux : 500 000 euros.
  3. Un centre d’art contemporain. Des espaces modernes remplaceraient les annexes des années 60 donnant sur l’arrière de l’Aître au niveau de la rue Géricault. Ces espaces seraient dédiés à des expositions et des ateliers de création. Un projet qui s’apparenterait à la Passerelle de Brest. Ce scénario est le plus onéreux, pour le réaliser, il faudrait réunir 1 million d’euros chaque année.

En tout, ces projets coûteraient de 16 à 18 millions d’euros. A compter : 5,2 millions d’euros pour les travaux de rénovation du monument historique. Ainsi que 3 à 4 millions d’euros pour les travaux de mise en place des scénarios. Sans compter l’équipement, le coût des études, la provision pour les fouilles archéologiques. Ces projets sont différents, mais quelques points seront communs à chacun d’entre eux. Des point soulevés lors d’une concertation publique :

  • Chaque scénario veillera à la mise en place d’un parcours de récit du patrimoine. Un système de tablettes numériques et une exposition permettant « d’approfondir sa connaissance de l’histoire de l’Aître ».
  • Le passage oublié entre les rues Géricaults et Martainville serait rouvert, pour ‘faire le lien avec le quartier du Robec, Saint-Ouen.
  • Un espace d’expositions
  • Un café « pour que le visiteur ait envie de rester »
  • La possibilité de prêter ou de louer les espaces pour que le lieu « soit ouvert à tous »
  • Un espace pédagogique en rapport avec l’histoire du monument pour recevoir les groupes scolaires
  • Des sanitaires, « la manifestation d’une demande générale »
  • La possibilité de se loge pour les artistes en résidence ou temporairement
  • Une nouvelle signalétique sera mise en place

Ces trois scénarios ont aussi des buts communs, notamment, devenir une « structure juridique souple qui puisse bénéficier de financements et qui puisse aussi s’autofinancer ». Il est aussi prévu que l’espace prenne une dimension européenne, important « pour l’image de la Ville ».

A la fin de la présentation quelques questions ont été posées à Guy Pessiot, adjoint au patrimoine et Yvon Robert, maire de Rouen. On aura félicité les scénarios les qualifiant d’ »alléchants ». On aura aussi exprimé un certain scepticisme quant aux visites à venir des touristes : « Je n’y crois pas beaucoup , car les touristes sont chronométrés. Hop, ils passent vite à autre chose. Ce n’est pas un projet d’art contemporain qui fera venir les touristes ». Cette même personne aura aussi réclamé que ces lieux d’arts contemporains ne soient pas « élitiste », qu’il ne soit pas seulement fréquenté par « les branchés d’art contemporain ». Un employé des Beaux-Arts aura critiqué la population vieillissante de touristes et aura félicité l’initiative qui ramènera, selon lui, « de jeunes touristes dans un quartier déjà très jeune ».

Quant à la personne âgée munie de sa canne et assise près de nous, elle nous aura sourit : « Je ne le verrais peut-être jamais cet Aître ». Un soupir auquel répondra sans le savoir Yvon Robert : « On n’en est pas au moment d’une décision. Il est important d’avoir des pistes et d’introduire dans les projets, les personnes qui veulent y participer ».

Lire aussi : De nouveaux locaux pour l’Aître Saint-Maclou

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2 réflexions au sujet de « Aître Saint-Maclou : trois scénarios possibles à Rouen »

  1. « Peu ou aucun étudiant des Beaux-Arts n’étaient présents. Eux qui pourtant étaient bien impliqués dans le futur de leur école ».

    Ah bon ? Ils ont été « bien impliqués » dans le choix de leur lieu de délocalisation ? Première nouvelle, j’avais cru lire qu’on leur avait imposé ce nouveau site… particulièrement inspirant pour les artistes.

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