Vous écoutez Rouen, vous ? Quels sons vous viendrez à l’esprit pour décrire la ville ? La question n’est manifestement pas si farfelue que ça. Murray Schafer est un compositeur canadien et le père de l’écologie acoustique. Kesako ?
L’homme a dressé les “portraits acoustiques” de paysages urbains ou ruraux du Canada, du Japon et de l’Europe. Selon un article du Monde (durée de vie du lien limitée), du 16 janvier, il a fait des découvertes intéressante à Lesconil (Finistère) :
"Tôt le matin, on entendait les cloches de l’église du village voisin, Loctudy, à l’est. En milieu de matinée, on percevait le bruit des vagues de l’océan au sud-est. A la mi-journée, les moteurs de bateaux de pêche, à plusieurs kilomètres en mer, devenaient audibles. Dans l’après-midi, les sons de l’océan, à l’ouest, prenaient le relais, suivis, en début de soirée, par les cloches d’Hobannalec, au nord-ouest…"
Une sorte de cycle qui rythme inconsciemment la vie des habitant : une carte d’identité sonore de la ville. Et à quoi cela peut-il bien servir ? Comme le souligne sur son blog Laurent Javault :
Au même titre que les paysages visuels, les paysages sonores
participent de l’environnement quotidien des populations ; un
environnement à protéger ou a corriger.
Mais au delà du fait qu’un son puisse être bénéfique ou relever de la nuisance, Murray Schafer a découvert que "plus un son est ancien, plus il est aimé ; plus il est récent, plus il est craint et peut engendrer des phobies". Il en conclut que les humains ont surtout besoin “d’ancres sonores” et ce, quel que soit leur cadre de vie, rural ou citadin.
Autrement dit, le son fait partie intégrante de l’identité d’un territoire.
A Rouen, que voudriez-vous protéger ? Ou, autrement dit, qu’est-ce qui devrait rester quoi qu’il arrive, une fois les nuisances sonores évacuées… ?
Merci pour le track back. Il n’y a plus qu’à inviter Murray Schafer à Rouen !