La municipalité vient de lancer une grande campagne de communication, sur la base de son bilan depuis 2001, et de ses perspectives jusqu’en 2010 (pourquoi cette date, d’ailleurs, qui ne correspond à rien, si ce n’est un chiffre rond ?).
C’était l’occasion d’interroger Edgar Menguy, adjoint à l’urbanisme de la ville et blogueur, qui a accepté de répondre par mail à nos questions.
La municipalité vient de publier un document de bilan de son action. De quelle réalisation municipale êtes-vous le plus fier depuis le début du mandat ? Et pourquoi ?
Je suis globalement fier de l’ensemble
de ce qui a été fait par notre équipe depuis
2001, même si il est toujours possible de faire mieux ou plus
vite. Puisqu’il faut choisir une action, je pense que l’action
dont je suis le plus fier est le travail qui a été mené
dans le cadre du Grand Projet de Ville sur le quartier Grammont. Il symbolise, à mes yeux, tout ce qui
justifie l’engagement politique : redonner de l’espoir à
ceux qui l’avaient perdu et conjuguer résolution des
problèmes quotidiens et ambition collective.
Ce projet est aussi pour moi l’exemple
de ce qui doit guider l’action des élus :
- Avoir une vision de l’avenir
ambitieuse et sans complexe ou arrière-pensée.
C’est bien sûr la qualité première qui donne
son sens à l’action.
- Faire preuve de courage
face aux difficultés, aux risques et aux conformismes (dont
l’origine est parfois… surprenante).
- Et avant tout être
persévérant. Et, il faut l’être face aux
critiques (parfois justifiées mais de la part de certains un
peu trop systématiques) et aux entraves de toutes sortes qui
transforment souvent les projets en parcours du combattant !
Parmi les projets en cours, lequel
vous semble le plus représentatif de votre action en tant
qu’adjoint à l’urbanisme ?
En tant qu’adjoint à l’urbanisme, je me suis donné comme objectif de faire de Rouen une ville plus dynamique et moderne, encore plus belle et plus agréable à vivre. Je me suis fixé comme règle de le faire avec une vision globale. C’est pour cela que l’une de mes premières préoccupations a été d’élaborer le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Ce document d’allure technique est en fait une véritable stratégie de développement de la ville attentive à la composition urbaine, aux déplacements, au logement, au développement économique, au lien social, à l’environnement ou au patrimoine. Je suis heureux d’avoir doté Rouen, parmi les premières grandes villes de France, de ce document. Concrètement, et construit sur la base du PLU, le projet le plus symbolique de mon action est l’accélération très significative du projet autour de la Seine et du quartier Ouest : réhabilitation des hangars et animation des quais, futur quartier de la Luciline, projet des Docks, carré et jardin Pasteur, lancement du port de plaisance, palais des sports (conduit avec l’Agglo), etc. Il fallait lancer la dynamique. C’est fait et rien ne pourra plus l’arrêter. Profitant de la proximité du sixième pont, ce projet est porteur d’une nouvelle image de Rouen, de création d’emplois, de qualité de vie et de convivialité. J’en suis heureux pour ce quartier, pour Rouen et pour l’Agglo. Le temps est d’ailleurs venu, tout en accompagnant la mise en œuvre du quartier Ouest, de préparer l’avenir en lançant la même dynamique sur les quais rive gauche et l’Est, en particulier avec le projet de la future gare. C’est l’objet de l’étude de définition que je vais piloter en 2006. Beaucoup de travail passionnant en perspective !
L’image de Rouen, telle qu’elle est reflétée par certains sondages, n’est pas forcément très bonne. Quels sont pour vous les principaux atouts de la ville ?
Je me suis déjà exprimé dans mon blog sur la qualité et la fiabilité de certains sondages qui dénigrent Rouen de façon exagérée. Je pense, en particulier, à celui qui récemment plaçait Rouen en mauvaise position mais n’hésitait pas à faire d’Ajaccio la capitale de la sécurité ! Il voulait démontrer ( ?) que « les Rouennais n’aiment pas leur ville ». Je pense que c’est totalement faux. J’avoue que face à de telles aberrations, je suis d’ailleurs surpris que l’ensemble des élus ne se mobilise pas pour défendre notre ville mais qu’au contraire certains cherchent à en tirer argument.
Certes, tout n’est pas idéal à Rouen et malheureusement notre ville avait pris beaucoup de retard par rapport à d’autres. Mais tout n’est pas noir, loin de là ! Et l’avenir est en préparation. Je côtoie chaque jour des étudiants qui viennent de toute la France et la grande majorité me fait part des qualités de notre ville. Je crois qu’effectivement nous avons de nombreux atouts dont on peut citer quelques exemples :
- Situation géographique exceptionnelle au bord de la Seine et à proximité de la mer et de Paris
- Potentiel humain incomparable tant par sa volonté et que par ses compétences
- Puissance économique et commerciale
- Richesse de notre histoire et de notre patrimoine
Mais au-delà, j’ai la conviction que notre atout le plus fort est notre diversité. Les divisions et segmentations de toutes sortes sont depuis longtemps une de nos faiblesses. Alors que la diversité est notre richesse et peut devenir notre force si nous savons nous rassembler. C’était l’idée de l’association de communes. Il y a bien d’autres terrains de rassemblement à explorer pour faire ce que d’autres villes et agglomérations savent faire au-delà des clivages et des enjeux à court terme sans pour cela remettre en cause les identités et les particularités. Alors pourquoi pas nous ?
Je suis persuadé que, plus que jamais, notre destin est entre nos mains. Il sera ce que nous ferons de nos atouts. Il dépendra de notre capacité à dépasser les intérêts particuliers au bénéfice de l’ambition collective. Je souhaite y contribuer, je le ferai sans aucune arrière-pensée et en y mettant toute mon énergie.
Comme le dit Mr Menguy, on peut toujours faire mieux ou plus vite. C’est vrai.le GPV dans le quartier de Grammont avance bien avec des constructions de logements, un jardin… mais tout n’est pas parfait, et ne peut l’être. Néanmoins, j’étais ecoeuré lors de l’inauguration du prolongement d’une rue dans ce quartier où tout le monde se félicitait de cela alors que juste à côté il y a un immeuble en état de décomposition et où des gens vivent dedans. Je me suis alors posé la question des priorités.
De plus, il est vrai et bien que ce quartier d’environ 2.000 habitants se transforment. mais le problème est que les autres quartiers du GPV, le châtelet, la Lombardie, la Grand Mare et les Sapins, qui représente 15000 habitants, n’avancent pas aussi vite. aucune réalisation positive n’a eu lieu. l’immeuble César Franck a été démoli en juillet 2004 pour laisser place à 3 cases de commerces. il n’y a toujours pas de date pour les construire. quel sentiment peuvent avoir les gens quand ils traversent ce terrain vague long de plus de 100m dans un centre commercial. Et je parle de ce que je connais puisuqe j’ai habité plus de 20 ans à la Grand Mare et j’y suis toutes les semaines. Le GPV a été lancé en 2001 et aucune construction dans ces quartiers. les travaux de réhabilitations promis par les nouveaux bailleurs n’ont pas encore commencé alors qu’ils ont les logements depuis plus d’un an et que les loyers ont eux augmenté chez IBS, qui a repris les “verre et acier”. Aux Sapins, les habitants marchent sur les caffards dans les canadiens et on leur dit qu’aucun travaux ne sera effectué puisque ces immeubles devraient être démolis dans 5 ou 6 ans. Est ce que l’un d’entre nous se voit vivre comme ça pendant tout ce temps. Et pendant ce temps, on se félicite d’avoir prolonger une rue.
Maintenant, il est clair que tous les élus, avec leurs différences, doivent travailler ensemble pour donner à notre ville l’image qu’elle mérite car c’est une belle, une très belle ville. Et Mr Menguy le rappelle.Mais comment le faire alors que dans des réponses sur simplement 3 questions, il y glisse 3 piques sur l’opposition. je ne suis pas certain que ça soit la meilleure des manières pour y arriver.
Je connais un artiste qui travail à une exposition autour de l’immeuble César Franck et de ces traces. J’ai grandi à la Grand-Mare dans les années 80 et ce quartier avait une autre allure. J’ai le souvenir d’un quartier animé et agréable. Qu’en reste t-il ? Pfff
Le débat s’engage vivement depuis hier sur les pratiques de nos représentants mettant en évidence des cloisonnements assassins pour notre ville mais aussi plus largement pour la Démocratie. Mais qu’en est-il des citoyens, de leur réelle participation à la construction collective de leur ville ? L’occasion, pour moi, de revenir sur le document “2001-2010 bilan et perspectives”. Quelle déception, pour un défenseur acharné de cette participation que de constater, dans ce document de communication, la présentation désincarnée des projets actuels et futurs ! Il n’est en effet aucunement question d’associer les structures qui ont vocation à faire vivre la concertation : les Conseils de quartier. Ceci augure mal des démarches qui seront poursuivies pour mettre en oeuvre ces projets. A moins que le militantisme des conseillers parviennent à modifier ces pratiques politiques sourdes aux compétences et connaissances de l’habitant … quelques exemples en cours nous montrent que c’est possible ! Si, si, je vous l’assure!
Ouais mais en même temps quand on élit une municipalité c’est bien pour lui confier un pouvoir de décision, sinon y’a plus qu’à instaurer un référendum pour chaque décision et dans ce cas ce n’est plus la peine d’élire un maire!Les gens ont bien élu cette municipalité, donc elle a un droit légitime pour prendre toute décision,si son travail n’est pas satisfaisant et bien c’est par les élections qu’il faudra lui signifier.
Décider est une chose, et je ne la conteste absolument pas. Construire ensemble, en amont de la décision est autre chose et, celle la ,je la revendique pour faire la ville et au delà, dans l’intérêt de tous.
alors pourquoi pas un référendum sur l’emplacement de la médiathèque ? cela pourrait être une solution honorable,non?
Je viens de parcourir ce bilan-perspectives 2001/2010… et moi qui croyais qu’on s’engageait vers plus de volonté de concertation de la part de la Ville en lisant les panneaux d’affichage qui innondent la ville en nous invitant à le lire. “Faire de Rouen, ensemble, une ville…” ne serait alors qu’un slogan de communication un peu mensonger ? Le “ensemble” ne recouvrant que les citoyens élus ?