Parler de la gestion des collectivités se fait trop souvent sur des critères peu compréhensibles par le commun des mortels. Histoire de simplifier un peu la donne, Public Evaluation System vient de donner des notes aux collectivités, afin de déterminer lesquelles sont les mieux gérées. La région Haute-Normandie obtient la meilleure note. La région est donc la mieux classée de france par cet organisme indépendant.
Pour les département de Seine-Maritime, le résultat est un peu moins bon : la collectivité dirigée par Didier Marie obtient la 49ème place sur 95.
Du côté des communes, Rouen est la 24ème parmi les 35 villes de plus de 100.000 habitants avec une note inférieure à 10. Dans l’agglo, Saint-Etienne du Rouvray et Sotteville-Lès-Rouen obtiennent également une note inférieure à 10.
Mais Bois-Guillaume obtient une note entre 10 et 13, comme Canteleu, Déville, Maromme, Mont-Saint-Aignan, Oissel et Petit-Quevilly. Seule la ville de Grand-Quevilly obtient une note entre 13 et 16.
Public Evaluation System explique sa méthode et donne tous les classements sur son site : “Notre évaluation est construite à partir d’un modèle algorithmique qui prend en compte les principales variables concernant les équilibres financiers d’une collectivité territoriale. “
Une commune qui “gère” bien, par exemple se désendette ou conserve un niveau plutôt modeste d’impôts locaux, mais tout en vendant une partie des terres communales à des lotisseurs, ou en encourageant lesdits lotisseurs (en leur accordant, par exemple, des conditions intéressantes concernant les infrastructures) à acheter terrains sur terrains privés afin d’y entasser immeubles ou pavillons est-elle bien notée, dans ce type de classement ?
Je connais au moins une commune, pas très, très loin de Rouen, qui - à mes yeux - a saccagé sans apparemment une réflexion vraiment approfondie, des espaces de qualité, y compris semi-naturels (prairies, bosquets, anciennes cours de ferme…), et ceci à toute allure, donc en quelques années.
Maintenant y fleurissent (si j’ose dire) feux rouges, embouteillages, ronds-points, enseignes commerciales voyantes et passe-partout, pubs agressives, et surtout voitures, voitures, voitures. Les pistes cyclables - faut bien faire comme si ! - y sont de pure forme (infréquentables si l’on tient simplement à sa peau, ou très, très pentues, presque dignes d’une étape pyrénéenne du Tour de France).
Sans doute, du point de vue comptable, cette commune est-elle bien gérée, mais elle a donc saccagé ou laissé saccager un environnement de qualité, sans pour autant devenir par ailleurs, précisons-le, réellement accessible aux populations à revenus modestes
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Donc d’accord, cela doit être fort difficile de gérer une commune du Grand Rouen, mais tout de même certaines semblent réfléchir davantage que d’autres à l’aménagement au sens plein du terme, et choisir ou non prioritairement de prendre en compte des critères ne relevant pas de la simple rentabilité immédiate, mais plutôt d’une réflexion approfondie incluant le développement durable voire l’harmonie avec le passé, l’histoire de cette commune (sinon on aura partout des territoires banalisés et quasiment interchangeables)
J’aimerais donc être sûre que Public Evaluation System tient compte de ce type d’ambition. Car franchement, Sébastien, certaines notes me surprennent un tantinet…
Il me semble que l’évaluation de cet organisme n’est que purement financière.
La thématique de l’évaluation des politiques publiques est très complexe. Et pour l’instant c’est un peu l’arlésienne…
Que vivent les friches urbaines et semi-rurales et rurales transformées en éco-quartiers, éco-hameaux, éco-villages et éco-lotissements !