La ville de Rouen peut se féliciter, lors du dernier conseil municipal, le 19 octobre 2007, d’avoir décidé de restituer à la Nouvelle-Zélande la tête maorie tatouée et momifiée, conservée dans les collections du muséum d’histoire naturelle.
Malheureusement, le Ministère de la Culture ne l’entend pas de cette façon. Et engage une procédure devant le tribunal administratif. Une procédure car la procédure légale n’a pas été suivie par la mairie pour restituer la tête Maori.
Les collections du muséum de Rouen, comme elles de tous les « musées de France », sont protégées par un régime uridique particulier, destiné à garantir l’intégrité du patrimoine de la Nation. Pour décider de faire sortir la tête, il aurait d’abord fallu recueillir l’avis d’une commission cientifique, dont le rôle est de vérifier qu’il n’est pas porté une atteinte njustifiée au patrimoine national.
Pierre Albertini le savait, nous apprend un communiqué du Ministère de la culture. Mais il n’en a pas tenu compte. Résultat, l’opération se termine devant le tribunal qui pourrait décider de suspendre la décision du Conseil Municipal. Et il risque de falloir attendre un peu pour que l’histoire de la tête de guerrier Maori de Rouen trouve une fin heureuse. En effet, le communiqué du Ministère de la Culture indique :
Christine Albanel a relevé que cette commission n’avait pas été consultée, alors même que les élus rouennais avaient été préalablement alertés sur les difficultés que soulèverait leur décision.
Christine Albanel a toutefois souhaité que les problèmes éthiques particuliers liés à la conservation de restes humains dans les collections publiques fassent l’objet d’une réflexion approfondie. La ministre a annoncé son intention d’organiser à cet effet un colloque international, afin de permettre l’échange des points de vue scientifique et éthique sur cette question complexe. Elle a chargé Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, d’organiser cette réflexion, en raison de la nature des collections de son établissement et de l’expertise mondialement reconnue de son équipe scientifique en ce domaine.
On en vient à regretter les temps anciens du 19ième siécle, en particuliers, où l’on pouvait rapporter ou emmnener toutes les merveilles du monde sans que la république y voir à redire…
En tout cas vis à vis de la nouvele zélande, Quelle figure on fait ?
Je trouve, sournoisement peut être, que c’est toute une politique municipale qui est résumé dans cette bien triste affaire, entre com’qui se prend les pieds dans le tapis et décision unilatérale sans s’assurer du reste.
Même quand les décisions sont bonnes, c’est dire !
PS : Sébastien, tu as tapé ton texte avec des moufles ?
Faut renvoyer les momies en Egypte, ce sont des restes humains aussi. Et puis les ossements préhistoriques n’ont rien à faire dans des musées, enterrez-les nom de dieu !
Qu’est-ce qu’il faut pas lire… .
J’espère qu’il est possible d’en faire une copie avant de le restituer!
Il n’y a pas eut tant de soucis pour la faire venir à Rouen…
Franpi> Pas avec des moufles,non… Mais peut-être un peu tard le soir pour être tout à fait réveillé…
Que Mme la Ministre balaye devant sa porte ! Je trouve cette démarche beaucoup plus respectable que celle d’envoyer (après la bénédiction du Parlement) des milliers d’oeuvres du Louvre vers les prétro milliardaires du Golfe Persique pour une histoire de gros sous !
@SERGIO: les maoris sont les premiers habitants de la nouvelle zelande qui y sont depuis des siècles, bien avt l’arrivée des européens, pas de pétrole chez eux
“la conservation de restes humains dans les collections publiques fassent l’objet d’une réflexion approfondie.”
C’EST TOUT REFLECHIT !!! Que tous ces corps humains retournent d’où ils étaient enterrés. C’est un scandale ces expositions éhontées, déplacées, impudiques, contre tout le respect qui est dû aux morts !!! Et puis en plus y’a des techniques pour copier tout cela en résine ou je sais pas quoi d’autres pour tous les curieux nécro-morbides de la planète.
Et puis une fois que cela sera fait, retour de l’obélisque dans son pays d’origine. JE PARLE D’UN MONUMENT !
je crois que c’est pire… la tete avant de venir en europe au xix n’était pas enterrée mais bien sur la tête de quelqu’un… un trafic d’un autre âge, où la tête d’un indien, d’un noir ou d’un maori ne valait pas plus qu’un tigre mal empaillé. encore un ministre qui ferait mieux de s’occuper de vrais problèmes, plutôt que pinailler sur des aspects juridiques et tourner le dos à une éthique élémentaire. bravo au maire de lancer le débat, et d’aller au bout des idées soulevées.
> franpi
Au contraire, je trouve la communication plutôt bien menée, on parle de Rouen dans les médias nationaux aujourd’hui pour défendre une idée éthique et respectueuse des cultures et des peuples. Que faut-il de plus ? Et si en plus, la province apporte un peu de résistance à Paris…
Étonnant… un ministre du gouvernement qui s’oppose au retour d’un étranger (ou du moins ce qu’il en reste…) dans son pays d’origine ?

Beaucoup d’humour, sur ce sujet qui ne devrait pas prêter à rire, sinon le ridicule du ministère qui tient trop à ses prérogatives ! Très bonne initiative de la Ville de Rouen, pour une fois ( d’autres fois aussi) je suis en accord avec M.Albertini….
Alors, que s’est-il passé, ce mardi matin à l’Hôtel de Ville ( où j’aurai dû y être si pas attrapé une mauvaise bronchite..) ?
C’est certain qu’une telle démarche crée un précédent. Mais laissons donc la collectivité territoriale régler ses affaires…. Sans excès ni d’un côté et de l’autre. Bonne occasion de faire preuve d’intelligence et de modération…Je sais, plus d’un vont me prendre la « tête » en disant que je ne sais faire que la leçon…de choses !
Donc, affaire à suivre….
Qui j’imite ?
“Parlez de moi même en mal mais parlez de moi je vous en prie, dites moi que j’existe.”
J’attends sa prochaine initiative avec impatience…Et pendant ce temps là on vire des travailleurs africains, on ferme des bibliothèques de quartier, on ferme une salle de spectacle, on démolit le budget du patrimoine.
La suite : l’annonce de son divorce ?
D’avec la ville ?
je trouve que cette histoire est très représentative du mode de fonctionnement de M. Albertini. je ne demande l’avis de personne, et si je le demande, je n’en tiens pas compte (comme l’avis de la commission nationale des bibliothèque sur la médiathque). je me moque des procédures et quiconque a un avis contraire au sien n’est pas objectif ou ne suit pas l’intérêt général.
c’est bizarre, M. Albertini évoque le fond de ce dossier pour le défendre, et que la Ministre ne s’en tient qu’à la procédure dans ce dossier. c’est justement ce qu’il fait sur l’espace Monet où sur le fond, le commissaire du gouvernement a jugé illégal le permis de construire, mais où il s’en tient à la procédure, à savoir qu’Yvon Robert n’a pas d’”intérêt à agir”.
[...] octobre. C’est lors de ce conseil qu’a été voté le principe de la restitution de la tête de guerrier maori. Resitution retoquée depuis par le Tribunal administratif parce que la mairie n’a pas suivi [...]
Pour une fois que j’étais d’accord avec lui, il se vautre lamentablement à cause d’un dossier mal préparé… Il a eu l’idée le soir où on a battu les Néo-Z au rugby ou quoi ?
L’intention est louable et les arguments, avancés un peu tard, tiennent la route. Pourquoi avoir communiqué dans la précipitation sur un dossier qui aurait dû être bien mieux ficelé que cela ? En plus, s’il avait bien monté son affaire, la presse aurait certainement rapporté l’initiative uniquement en termes positifs. Le coup de comm ressemble plus à un coup d’épée dans l’eau, et bonjour le respect pour la délégation néo-zélandaise reçue pour l’occasion…
Sur le sujet, le pensée consternante de Mme Fourneyon est à méditer (lu sur son blog)
valerie fourneyron dit :
24 octobre 2007 à 0:10
“Chacun sa méthode “in vino veritas”, celle d’Albertini est connue, quel que soit le sujet, je décide seul, je n’écoute personne…quitte à remettre en cause l’ensemble des financements des musées de Rouen pour un coup de com avec une tête Maori….Il est où l’intérêt de la ville et de ses habitants dans cette histoire où je vous invite à faire le bilan des coûts de communication démesurés. Personnellement, je préfère continuer à arpenter le terrain et à écouter les habitants et autres acteurs de notre ville. N’était ce pas la place des élus de la ville d’être avec les habitants de la grand mare hier soir pour rencontrer les responsables de la Poste qui venaient présenter le nouveau projet d’agence attendu depuis août 2006 par des centaines d’usagers?”
C’est vrai que pour l’adjointe au Maire qui a fermé le museum, ce genre de propos sonne étrangement.
En résumé, pour elle, la restitution est une pure opération de communication !, l’intérêt des rouennais devait interdire cette restitution !
“j’arpente le terrain et j’écoute les habitants” c’est bien gentil mais serrer des mains et faire des tapes dans le dos (en gros ce qu’elle fait depuis 5 ans) ne la mènera pas très loin.
C’est vraiment la mort ce sujet
lire le dernier torchon socialiste, çà réveille les morts!
@Chouchou: Bonjour, tu parles de quel torchon?
(Je suis ségoléno-socialiste et je trouve normale et courageuse cette décision de M. Albertini).
Il parle du film “coup de torchon” tu sais au moment où Philippe Noiret se demande quand il se gratte les couilles à quel moment ça gratte plus et à partir de quand ça lui fait du bien.
Pas mal, le sujet est sorti dix jours plus tôt dans Paris-Normandie. Article d’Arnaud Faugère du 12 octobre 2007. Et dire que les blogs sont réputés aller plus vite en matière d’actu ! Au plaisir…
Pour le coup, ce n’était pas le même sujet, Aiurea… Le ministère de la culture n’a pas réagi 10 jours plus tôt.
Mais, à tout prendre, il n’y aurait rien d’anormal à ce qu’une rédaction professionnelle aille plus vite qu’un blog. Pas même de quoi s’extasier.
“Et dire que les blogs sont réputés aller plus vite en matière d’actu !”
Et dire que la Presse est censée relayer l’information, juste…
[...] La ville de Rouen se mobilise pour la restitution de la tête maori. Souvenez-vous : la ville souhaitait remettre la tête momifiée d’un guerrier maori aux néozélandais, mais la ministre de la culture ne l’entendait pas de cette oreille : la procédure n’ayant pas été respectée. [...]
[...] Grand-Rouen parlait de la tête Maori ici [...]
bonjour,
cela a permis d’ouvrir le débat sur les objets humains :
trois lois se contredisent :
la loi de la bioéthique (1994) qui annonce les restitutions des restes humains au populations autochtones
la loi des musées de france (2002) qui prévoit que les objets sont inalienable donc appartienne aux collections public pas de moyens de restituer ce qui est le cas de la tete maori puisqu’elle est rentré comme “objet” et non comme reste humain, de meme pour les momies du louvre
enfin la loi sur les échantillons scientifiques (2002) provenant par exemple de fouilles archéologiques qui prévoit l’étude pendant 2 ans puis la restitution aux propriétaires qui n’est pas obligé d’accepter dans ce cas se sont l’état ou les collectivités qui sont responsables des objets.
conclusion : pas facile tout ca !